Société

Cameroun: Un forage pour plus de 1000 personnes

L’eau est une denrée rare au camp des déplacés internes de Mémé, situé dans le département du Mayo-Sava.

Dans ce site de fortune où vivent plus de 1000 personnes, l’approvisionnement en eau est un véritable parcours de combattant. Pour se procurer une petite quantité de liquide précieux, il faut se lever tôt, faire preuve d’une patience de fer et utiliser ses biceps pour s’imposer. Chaque jour, avant le lever du soleil, des centaines des déplacés, majoritairement des femmes et enfants font la queue devant l’unique forage du camp. Munis de bidons et autres récipients, ils attendent parfois jusqu’à tard dans la journée, pour espérer puiser le précieux liquide. «Nous avons fui les attaques de Boko Haram, mais c’est une autre difficulté que nous sommes venus rencontrer ici à Mémé. Il n’est pas facile d’avoir de l’eau. Toute la famille doit se lever de bonne heure pour aller chercher de l’eau. Nous sortons de la maison à 5h du matin. Au forage, il faut aligner les bidons selon l’ordre d’arrivée On met des heures avant de se servir. Souvent quand nous sortons à 5h c’est dans l’après-midi que nous regagnons la maison. Et si jusqu’à 15h vous n’avez pas pu puiser l’eau, il faut attendre demain. C’est vraiment pénible», fulmine Mariam Gana, déplacée du camp de Mémé.

Au niveau du forage, des tensions sont régulièrement enregistrées entre les déplacés et la communauté hôte. Les populations locales s’approvisionnent également au forage du camp. Elle manifeste une rivalité contre les déplacés autour de cette ressource rare. «Nous assistons tous les jours à des querelles. Il y a des personnes qui arrivent et veulent jour aux petits malins en voulant puiser l’eau avant les autres. Soit c’est des enfants qui se chamaillent, soit c’est des adultes qui s’insultent ou même parfois bagarre à cause de l’eau. C’est déplorable, mais nous vivons cette situation au quotidien», déplore Abakoura Alifa, chef de famille vivant au camp des déplacés de Mémé. Face aux difficultés de l’accès à l’eau potable qui provoquent des vives tensions qui se soldent parfois par des bagarres, les déplacés interpellent les pouvoirs publics à leur venir en aide. Et demandent la construction de plusieurs forages pour désengorger l’unique point d’eau du camp. «Le manque d’eau ici est réel. Et pourtant, au fur et à mesure que le temps passe, le nombre des déplacés augmente. Ce qui veut dire que le besoin en eau augmente. Si seulement le gouvernement peut nous aider avec d’autres forages, ça pourra améliorer la situation que nous vivons actuellement dans laquelle nous nous sommes plongés actuellement» plaide Mahama Nagama, pensionnaire du camp de Mémé. En cette période de forte chaleur dans la région de l’Extrême-Nord, les déplacés vivent un double calvaire. Manque d’eau pour consommer, manque d’eau pour se laver régulièrement les mains, l’une des mesures barrières préconisées par le gouvernement pour se prémunir du Covid-19. Dans leur situation actuelle, les déplacés sont vulnérables à cette pandémie. D’où leurs cris de détresse.

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Abali Abdou

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