Société

Cameroun: Un colonel met le feu à l’exploitation de son voisin

L’officier supérieur de l’armée camerounaise réclame un droit de propriété sur un espace régulièrement acquis par l’un de ses voisins.

C’est le type d’histoire qui récidive dans la région de l’Ouest depuis quelques temps. Propriétaire d’une plantation d’eucalyptus dans la localité de Foplouh par Bamena (Département du Ndé), le nommé Tchiedjiep Ernest a vu une partie de son exploitation consumée. Le chauffeur professionnel paye les frais d’un acte initié par l’un de ses voisins, le colonel Tikando Emmanuel. L’officier supérieur des forces armées camerounaises entend ainsi s’approprier l’espace acheté quelques années avant par son jeune voisin. De sources concordantes soutiennent que l’officier des forces armées «est arrivé à la plantation de son voisin et y a mis du feu en prétendant que la plantation lui appartient.» Les flammes qui en sont nées ont consumé une importante partie de la plantation, jusqu’à ce qu’un autre voisin, berger dont l’exploitation et les bêtes étaient menacées s’engage à éteindre l’incendie avec l’aide d’autres voisins, sous les menaces de l’officier supérieur. C’est dans cette optique qu’une sommation d’huissier a été servie à l’officier. Exploit dont l’objet porte : «Arrêt des travaux, de libérer et de placer les bornes».

C’est que le colonel des forces armées camerounaises prétend être le propriétaire de l’espace exploité par son voisin chauffeur de ligne. C’est prétendant être le propriétaire de cet espace que le même officier a procédé à l’enlèvement des bornes apposées quelques temps avant par la commission consultative de la sous-préfecture de Bangangté, afin de limiter les contours de l’exploitation appartenant au nommé Tchiedjiep Ernest. Sollicité à plusieurs reprises, le colonel Tikando n’a donné aucune suite à nos différentes sollicitations, dans l’optique de recueillir sa version des faits. Toutefois, les prétentions de l’officier d’armée sont relativisées par les notables locaux ainsi que le propriétaire originel du terrain à polémique. Le nommé Yepndjouo Michel, propriétaire originel de l’espace querellé confirme avoir céder, à titre de vente, une parcelle de cinq hectares au nommé Tchiedjiep Ernest Honoré, en date du 23 janvier 2007. Un acte de vente cosigné par les nommés Tseyep Jacob et Ngongang Jean, témoins du vendeur et de l’acheteur.

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La régularité de ladite vente a également été confirmée par le chef du village Foplouh. Idem des services du cadastre de l’arrondissement de Bangangté ainsi que la sous-préfecture de Bangangté qui confirment l’existence d’une procédure en cours. Procédure dont l’objet porte sur «l’examen d’une concession provisoire d’une dépendance du domaine national, au profit du nommé Tchiedjiep Mbieka Ernest Honoré.»

Joseph OLINGA N.

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