Cameroun – Sdf: Les sept probables successeurs de Mme Tamajong

Il se pose également l’obligation non écrite de résidence à Yaoundé.[pagebreak]Le président national du Social Democratif Front (Sdf), John Fru Ndi, a-t-il un délai pour nommer un nouveau patron à la tête du secrétariat général de ce parti, suite à la démission d’Elisabeth Tamajong, survenue en fin de semaine dernière ? Aucune disposition statutaire ne l’y oblige. Au contraire, le Chairman est le seul devant juger de l’opportunité en la matière, au regard du pouvoir discrétionnaire qu’il détient depuis le congrès de mai 2006. Il peut en user ou en abuser. Dans ce dernier cas, John Fru Ndi peut attendre jusqu’au prochain congrès, prévu en octobre 2016, pour pourvoir à ce poste. Surtout que la démissionnaire a laissé quatre adjoints en place.
Une hypothèse très envisagée dans les milieux du Sdf, où des indiscrétions font état de ce que « les précédents Sg ont trop dérangé ». En cherchant à afficher aux yeux de l’opinion une image tronquée de John Fru Ndi, de quelques cadres ou même du parti. Rien n’est exclu. Il y a, à côté, une frange qui souhaite que le Sdf se dote immédiatement d’un Sg, plaque tournante de l’appareil administratif. D’où sortira l’oiseau rare ? Au Sdf, une tradition voudrait que le Sg réside à Yaoundé, capitale politique. Puisque le président national est établi à Bamenda. « Etant au siège des institutions républicaines, le Sg peut jouer facilement un rôle d’interface avec les différents interlocuteurs », apprécie un cadre du Comité exécutif national (Nec) du Sdf. Ce fut le cas avec Siga Asanga, Tazoacha Asonganyi, Michaël Dobegan et Elisabeth Tamajong. Un quatuor constitué essentiellement d’enseignants d’université et d’expression anglaise. S’il faut rester dans les amphithéâtres, promouvoir un collaborateur, sans faire peser la fibre tribale, il est fort possible que John Fru Ndi jette son dévolu sur M. Nguetcham, l’actuel premier secrétaire général adjoint du Sdf. L’enseignant de littérature francophone à l’université de Dschang et député (2002-2007) depuis sa base à Melong dans le Moungo, aura le handicap de ne pas résider dans la ville aux sept collines. Un peu comme le maire de Kumbo dans le Nord-Ouest, Donatus Njong Fonyuy, très réservé et apprécié du Chairman.
Le 4ème adjoint au secrétaire général pourrait faire prévaloir son longue expérience de gestion d’une commune [maire depuis 19 ans]. Parlant de ‘‘non-résidents’’, d’aucuns font allusion au député du Donga-Mantung, Esther Ngala. La promotion de cette originaire de l’arrondissement de Ndu, pourrait être sous-tendue par l’approche genre. Reste qu’elle vit à Bamenda. Dans ce registre, comment oublier Clebert Otou ? Enseignant de lycée, le 2ème secrétaire général du Sdf travaille à Bangangté. Si elle était encore dans les bonnes grâces de M. Fru Ndi, Chantal Kambiwa aurait été la femme de la situation. Malheureusement, la militante du Wouri a perdu la confiance du Chairman. Par ricochet, elle n’est plus ministre de la Condition féminine dans le gouvernement fantôme du Sdf, depuis mars 2013. On lui reprocherait d’avoir humilié son leader, en maintenant sa candidature à la vice-présidence des femmes socialistes -elle y est encore- à une assise internationale.
Sur le sol de Yaoundé, la probable nomination d’Yvonne Muma Bih peut être à l’ordre du jour. Au Sdf, on dit de cette native du Nord-Ouest qu’elle a le profil de l’emploi de par « sa connaissance des affaires du parti » et son bilinguisme avéré. Cependant, la première adjointe au secrétaire national en charge des droits de l’homme et des peuples au Sdf, pourrait être redoutée par John Fru Ndi, à cause de sa proximité avec le président régional du Sdf dans le Littoral et député du Wouri Est, Jean Michel Nintcheu dont les positions –sur des sujets jugés sensibles- irritent le plus souvent l’homme fort de Ntarinkon.
En ce moment, pourrait-on faire recours à Jean Takougang ? En interne au Sdf, des voix pensent que le ministre du Shadow Cabinet chargé de l’éducation et de la formation, n’est pas un inconnu. Il peut d’ailleurs mettre en valeur son expertise acquise comme titulaire d’un Certificat d’aptitude pédagogique pour l’enseignement du second cycle (Capes) hors échelle, traducteur et professeur de traduction. Néanmoins, on lui en veut de répondre de moins en moins au rendez-vous du Nec.

Michel Ferdinand

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