Société

Cameroun – Reprise des cours: Le septentrion ne sera pas prêt le jour dit

La communauté éducative de cette partie du pays redoute le retour des pluies entre juin et septembre, avec pour conséquence des inondations.

Le chef de l’Etat par la voix du premier Ministre, chef du gouvernement a annoncé une reprise éventuelle des classes le 1er juin prochain. Sauf que
cette décision divise la communauté éducative de l’Extrême-Nord. D’après les enseignants en service dans cette partie du pays, le mois de juin rythme
généralement avec les grandes pluies et les inondations. Or souvent à cette période, les élèves sont déjà en vacances. Avec la pandémie qui impose
un rideau de fer, le gouvernement a adopté un nouvel calendrier scolaire, sans tenir compte de la pluviométrie de la partie septentrionale du Cameroun.

Du coup, les enseignants, craignent pour leur vie et celle de leurs élèves. « ceux qui ont décidé que l’école doit recommencer le 1er juin 2020 ont-ils
pensé à certaines régions ? Je prendrai uniquement la région de l’Extrême-Nord, le département du Moyo-Danay, arrondissement de Gobo, canton
Bougoudoum. Cette localité c’est la mienne, quand le Logone décide de sortir de son lit, c’est la catastrophe. Moi, je contourne par le Tchad voisin en chaloupe pour visiter mes parents. Ceux qui enseignent au lycée de Gobo savent de qoui je parle. Les inondations vont de juin en septembre et quand il faut revenir sur Yaoundé, je reprends la chaloupe qui me dépose à Bongor au Tchad avant d’entrer dans la pirogue pour Yagoua. Il est certes vrai ce n’est la faute de personne, mais, cette rentrée ne concernera qu’une poignée d’apprenants car, dans ma localité, les miens, n’auront pas ce privilège. A cause des pluies ; des inondations, et du Logone qui sortira de son lit. Si on me demandait mon avis, je dirai ; utilisons les carnets de notes pour les classes d’examen, je dirai je ne sais pas…, la santé est prioritaire. Il vaut mieux passer une année blanche en bonne santé au lieu de forcer un 3eme trimestre qui n’existe que dans les médias »,
suggère, un enseignant du lycée de Bogo, qui a requis l’anonymat.

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La surenchère du coronavirus

Qu’est-ce qui peut bien pousser le ministre de l’Education de Base, et celle du ministère des Enseignements secondaires à vouloir à tout prix, la
reprise des cours, alors qu’à la date du 21 mars 2020, 1163 cas sont testés positifs au covid-19 ; 329 guéris et 43 morts. Or les écoles avaient été
fermées quand le gouvernement avait annoncé 10 cas. Néanmoins, pour sauver l’année scolaire, les enseignants du secondaire ont proposé 07 mesures pour éviter la propagation du virus dans les familles. D’aucuns proposent clairement au gouvernement de reporter la date des examens à une date ultérieure, d’autres par contre proposent un maintien du calendrier des examens officiels en évaluant uniquement sur les parties du programme qui ont été vues en classe. Certains vont jusqu’à proposer la suppression des examens officiels 2020 classiques au profit des notes des bulletins. Pour dire clairement qu’il faudrait tenir compte des notes des bulletins pour octroyer des examens aux élèves. De plus, cette mesure permettra au gouvernement de gagner plusieurs milliards qui pourront être injecté dans le fond de solidarité. Ainsi il est clair qu’il serait légitime de supprimer les examens officiels de 2020 pour ne considérer que les notes des bulletins.

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Elvis Serge NSAA (Stg)

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