Cameroun – Obsèques: Charles Ateba Eyene, «Président» malgré lui

Inédit, presque du jamais vu, honorable.
Le jeudi 25 mars dernier aura été pour les habitants de Yaoundé, une journée à n’oublier sous aucun prétexte. A la morgue de l’hôpital général où il reposait, le Dr Charles Ateba Eyene qui a rendu l’âme quelques semaines auparavant, avait droit à une mise en bière digne de ce nom.[pagebreak] Comme on pouvait s’y attendre, une foule bigarrée et innombrable s’est donnée le noble devoir d’accompagner à sa dernière demeure, celui qu’elle a érigé pour l’éternité au rang de héros national.
En effet, à travers des refrains tels que «Ateba! Ateba! Notre Président! Héros national! Ateba toujours vivant» ou encore «Ateba 6, dis-leur la vérité 6», de nombreux hommes et femmes ont entrepris une marche pacifique de l’hôpital général à la paroisse Marie Gocker, accompagnant le corbillard à une vitesse de 2,5Km/h et démontrant ainsi, leur adhésion aux idées que défendait Charles Ateba Eyene.
Pour beaucoup d’observateurs, son message a simplement atteint sa cible, au point de faire de nombreux qui disent tout haut qu’ils savent désormais de quel côté se trouve la vérité. Mais la vérité n’est pas toujours du groupe des forces de l’ordre qui jouaient malgré eux, les encadreurs de cette marche improvisée avec un dispositif sécuritaire digne des grands jours de tumulte. Elles se sont assuré de bout en bout, que l’étincelle redoutée par les tenants des affaires n’a pas provoquée le chaos. Mais alors, quelle liesse populaire!

Quelle effervescence! Surtout quelle détermination à plier les forces de l’ordre à la volonté de ces centaines de milliers de jeunes qui ont, un temps soit peu, pris le pouvoir. De quoi dire simplement comment va se présenter l’après Paul Biya. Ce dernier, seul véritable régulateur de tension restant, aura compris qu’au fond, la manifestation de jeudi dernier n’a duré certes que l’instant d’une pose, mais que c’est dans les cœurs des uns et des autres que se trouve la flamme profonde longtemps étouffée par ceux qui ont horreur de la vérité.

Il faut donc logiquement penser que ce n’est que partie remise, au moment où le premier camerounais lui-même est déterminé à faire le ménage autour de lui, aidé sûrement par les dénonciations des hommes d’honneur tel que Charles Sylvestre Ateba Eyene. Cet événement constitue en soi, un signal fort qu’aura malheureusement manqué le Rdpc, inscrit aux abonnés absents. Une sorte d’indiscipline? C’est en tout cas ce que pensait l’illustre disparu.

Source: La Nouvelle

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