Cameroun – Obsèques de Charles Ateba Eyene: Les services de sécurité en état d’alerte maximum

La levée de corps du Dr Charles Sylvestre Ateba Eyene jeudi dernier aura été un événement riche en mobilisation, avec à la clé, un record de participation de près de 300 mille personnes.[pagebreak]Cependant, cette étape mémorable d’un «héros national» rentré une fois pour toute dans la légende aura surtout été éprouvant pour la police nationale. Une source crédible indique que dans la soirée du mercredi qui a précédé la mise en bière de Charles Sylvestre Ateba Eyene, un message a été envoyé à toutes les unités de police de maintien de l’ordre, leur recommandant une mise d’état d’alerte maximum. La raison simple serait que des opposants et des vandales se seraient donnés rendez-vous à l’hôpital général, pour faire de cette levée de corps une occasion de revendication des meilleures conditions de vie au Cameroun.

Ainsi, pour le délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, c’était une information à prendre avec le plus grand sérieux, sachant que cet événement pouvait constituer un remake de février 2008. C’est certainement la raison pour laquelle dès 6h du matin ce jeudi 27 mars 2014, la morgue de l’hôpital général de Yaoundé été investie par les forces de sécurité.

Une escouade de plusieurs policiers dans un camion, un car accompagné par le célèbre «Abraham», le lance-eau anti-émeute. Preuve que du côté des autorités, on redoutait un débordement de la manifestation pouvant se métamorphoser en un cirque incontrôlable. Une source précise d’ailleurs qu’on pouvait suivre à travers les talkies walkie, les ordres des patrons de la police comme suit: « Dites au chauffeur du corbillard d’accélérer, qu’il ne roule pas au rythme des piétons», «Soyez vigilants», «Barrez les routes», ou encore des échanges tels que «Combien y a-t-il de voitures dans le cortège? Réponse: difficile de savoir, la foule est très immense !».

Selon nos recoupements, il s’agirait du délégué régional à la sûreté nationale pour le Centre, lui-même à la manœuvre et visiblement aux abois devant le temps que prenait le cortège pour aller à Mfou. Ce sera donc une guerre psychologique entre les forces de l’ordre et la foule. Pour la police et la gendarmerie, il s’agissait de tout faire en un temps relativement court, pour ne pas tomber dans le piège de l’incontrôlable, tandis que les nombreux amis et disciples de Charles Sylvestre Ateba Eyene voulaient lui rendre un hommage digne d’un héros national c’est-à-dire en prenant le temps qu’il faut.

Les 2 logiques vont se chevaucher pendant une trentaine de minutes, après le démarrage du cortège funèbre de l’hôpital général. La foule prendra le dessus pour le restant du temps, contraignants les forces de l’ordre de n’entreprendre aucune action susceptible de provoquer l’étincelle tant redoutée. Voilà pourquoi le cortège va épouser les intentions d’un tour qui transforme spontanément la cérémonie en une marche pacifique mais difficile à arrêter.

L’itinéraire imposée par la police au départ, se verra changé par la loi de la foule qui scande le nom de son «héros national». On notera ainsi qu’à cause du temps énormément perdu (5h30 minutes environ) de l’hôpital général à la paroisse Marie Gocker, le cortège qui prévoyait un tour dans la ville de Mfou va aller directement du côté de la Camair, pour la veillée nocturne.

Source: La Nouvelle

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