Cameroun – Nomayos 2 : Les populations manifestent leur mécontentement

Nomayos

Elles n’entendent pas quitter leurs propriétés face à ce qu’elles considèrent comme un accaparement de leurs terres par l’Etat pour le projet d’aménagement d’une zone Magzi.

Les populations de Nomayos 2 n´ont pas manqué de manifester leur ras-le-bol et leur colère contre le préfet de la Mefou et Afamba. L’autorité administrative est venue pour la réunion d´indemnisation des 210 hectares de celles-ci suite au litige qui les oppose à l´Etat, mercredi dernier à la chefferie de 3e degré. Celles-ci n´entendent pas quitter leurs propriétés face à l´accaparement sauvage de leurs terres, au profit d´un projet d´aménagement d´une zone Magzi dans les sites sollicités.

Face au refus de l´autorité administrative, Antoinette Zongo, de voir les médias couvrir ladite rencontre, les populations crient à l´injustice, et vont quitter les lieux. « Comme vous faites venir les médias, quand les bandits viendront chez dans la nuit, ne venez pas vous plaindre dans mes services », lance le préfet aux populations, à l´arrivée des journalistes sur les lieux. Une situation inacceptable pour les habitants, qui pensent que les autorités veulent cacher la vérité, sinon pourquoi refuser de filmer. « Pourquoi interdire aux médias de couvrir la réunion, et de filmer la réunion même avec les téléphones portables. C´est dire qu´ils cachent quelque chose, on dissimule même ce que l´Etat a dit et décidé», lance un habitant devant les forces de maintien de l´ordre. Celles-ci peinent à contenir les populations furieuses afin d´éviter toute escalade au regard de la tension grandissante.

Les populations disent ne pas avoir besoin de cet argent, et sont prêtes à mourir pour cette cause. « Je ferai mon testament aujourd´hui. J´ai un terrain bâti il y a 15 ans, j´ai versé la somme de 2 000 000 Fcfa, fruit de nombreux sacrifices au propriétaire terrien sur la base de documents appropriés. On vient me dire à ce jour que c´est la Magzi, après c´est Dangote pour y installer une cimenterie, arguant que c´est le président Paul Biya qui a signé le décret. On n´a pas besoin d´argent, ce qu´on veut c´est rester dans nos maisons. Il n´est pas question pour nous de quitter ces lieux », indique Alain. T

Pour les populations, c´est une arnaque bien ficelée par certaines personnes tapies dans l´ombre, pour les spolier de leurs biens. Pourtant les décisions de justice ont été rendues en leur faveur, jusqu´au retournement de situation avec la décision de la Cour Suprême de 2017. « Au tribunal administratif du Centre, suite au recours du 6 décembre 2016, nous avons eu gain de cause. Contre toute attente, Magzi a interjeté appel à la Cour suprême, toujours les renvois et nous apprenons que l´affaire a été tranchée par défaut, décision du 22 septembre 2017, et personne n´a été notifié. Ils disent qu´ils vont payer 1500 et 2000 le m2. Nous sommes chez nous, même les étrangers ne sont traités de la sorte. Nous allons saisir le président de la République et toutes les autorités compétentes. Alerte au chef de l´Etat contre cette déstabilisation organisée, que nous appelons de vive voix à venir à notre secours », implore Michel Mvondo.

Les populations totalement désemparées crient à l´injustice. Elles sont déterminées à rentrer dans leurs droits. Il faut le rappeler, par arrêté de mars 2016, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, déclarait d´utilité publique les travaux d´aménagement d´une zone industrielle sur une prétendue dépendance du domaine national d´une contenance de 201 ha, au lieu-dit Nomayos, dans l´arrondissement de Mbankomo.

Moïse Moundi

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