Politique

Cameroun: Messi Atangana et les maires d’arrondissement à couteaux tirés

Déjà au tribunal des populations pour ses casses à tête chercheuses engagées dans certains quartiers de la capitale, le tout nouveau maire de la ville se paie une énième polémique.

Le successeur de Tsimi Evouna est accusé de s’arroger des pouvoirs indus sur la police municipale et la gestion des territoires. Début de règne tumultueux pour Luc Messi Atangana ! Le magistère du nouveau maire de Yaoundé n’a rien d’un long fleuve tranquille. La somme des procès dont il est à l’origine laisse songeur sur la suite de l’aventure sur le trône de la défunte communauté urbaine. Subjugué entre le désir de poursuivre avec le travail de Gilbert Tsimi Evouna d’une part et d’autre part de prendre ses marques, le numéro 1 de la capitale siège des institutions semble se mêler les pinceaux. Même sa casquette d’éminent juriste ne lui évite pas un départ avec fracas.Quelques semaines seulement après le conflit de compétences qui l’a apposé au maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 6e, Jacques Yoki Onana, au sujet de la construction de boutiques que ce dernier avait lancé au quartier Biyem-Assi, lequel conflit a failli virer à l’affrontement par polices municipales interposées, revoi-ci le super maire de Yaoundé sous les feux des projecteurs.

A l’origine, une session extraordinaire du conseil de communauté convoquée par ses soins en début de semaine à l’effet de voter un certain nombre de délibérations concernant la gestion des emprises publiques et la police municipale. Si l’initiative paraît louable quand on connaît l’incidence négative du désordre urbain qui dicte sa loi à Yaoundé, il y’a malheureusement que l’idée n’a pas rencontré l’assentiment de tous les sept maires d’arrondissement. Eux qui ont purement et simplement boycotté ces travaux au motif que le super maire auprès de qui ils ont toujours sollicité la mise en place d’un cadre de concertation permanent pour un développement harmonieux de Yaoundé, reste plus que jamais hermétique et ne pense pas sage de leur donner au moins des explications. Dûment invités à cette séance de travail, les magistrats municipaux ont tenu à exprimer leur mécontentement à leur « chef ». Et de la plus belle des manières.

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Pouvoir sur la gestion des territoires

Plus grave, les grands conseillers, comme s’ils s’étaient passé le mot, ont rejeté en bloc les projets de délibération qui leur ont été soumis. Par solidarité aux maires d’arrondissement dont ils sont originaires ? Assurément ! Le Messager a appris de sources dignes de foi qu’ils estiment qu’elles contribueraient à fragiliser leurs communes, « étant entendu qu’elles sont en contradiction avec la loi du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées », appuie l’un d’eux.

Lors de la plénière de mercredi 16 septembre dernier, à laquelle les sept maires ont finalement consenti à participer, les trois premiers rapports des travaux en commission rejetaient toutes les délibérations querellées. A la lecture du quatrième, « Luc Messi Atanga interviendra énergiquement pour relativiser le rôle des grands conseillers dans la prise de décisions. Pour lui, au vu du Code de 2019 dont il est l’un des principaux rédacteurs, les maires d’arrondissement n’ont pas de pouvoirs sur la gestion des territoires ».

A la vérité, les grands conseillers en veulent particulièrement à Jean-Claude Tcheuwa, inspecteur général au ministère de la Décentralisation et du développement local (Minddevel), présent dans la salle et qui, d’après eux, cautionne le fait que le maire de la ville se substitue à l’organe délibérant qu’est le conseil de communauté. Présenté comme le chef orchestre de ce « hold-up », l’homme est vu d’un mauvais œil par les magistrats municipaux. Toute chose que ceux-ci assimilent à une injustice si ce n’est un abus de pouvoir qui saute aux yeux. Après l’interruption des travaux, apprend-on, les maires sont repartis ensemble sur la pointe des pieds. Suffisant pour comprendre le malaise qui règne entre le maire de la ville et ceux des communes d’arrondissement qui se regardent désormais en chien de faïence. Avec ce nouvel épisode qui annonce un long feuilleton à rebondissements, Luc Messi Atangana doit certainement commencer à comprendre que le siège dont il a hérité est pire qu’un chaudron. L’arbitrage de Georges ElangaObam vivement attendu.

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