Société

Cameroun – Massacre des enfants: Quand Kumba parle à Bamenda

Des centaines de femmes sont descendues dans les rues du chef-lieu de la région du Nord-ouest hier mardi 27 octobre 2020, pour exprimer leur indignation suite à l’horreur du week-end dernier.

Arbres de paix et pancartes à la main, ces mamans habillées en noire pour certaines et en vêtements ordinaires pour d’autres, n’ont pas caché leur désolation face aux massacres des élèves perpétrés par des séparatistes samedi 24 octobre dernier à Mother Francisca international bilingual academy de Kumba. Entre lamentations et cries, elles scandaient des chansons lyriques « chaque jour nous pleurons. Les larmes se sont asséchées de nos yeux ». Elles ont pris la direction des services du gouverneur à Up station. « Trop c’est trop », disaient t’elles, implorant les belligérants au cessez-le-feu, car trop de sang a été versé dans cette guerre sans sens.

Ce sont-elles qui portent le fœtus dans leurs entrailles pendant neuf mois et supportent les douleurs de l’enfantement. Elles y laissent parfois leur vie. « Non à la tuerie de nos enfants, l’école est un droit etc ». Au gouverneur Adolphe Lélé Lafrique Deben Tchoffo, ces mamans ont déclaré : « nous ne sommes pas un groupe politique mais des femmes de Bamenda. Nous demandons aux militaires et aux Amba boys de déposer les armes ». Le patron de la région dans sa réaction a exhorté ses hôtes à exécuter l’hymne national. Et des voix dans la foule de bouder : « non, nous n’allons pas accepter ». Puis, une autre frange de poursuivre, « il faut d’abord prier pour ces enfants. Nous pleurons ces enfants-là que nous avons portés dans nos entrailles et qui ont été froidement abattus. Que leur sang ne se verse pas en vain ».

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La paix doit régner

C’est dans ce brouhaha que le numéro 1 de la région a repris la parole disant qu’après l’hymne national, une minute de silence sera observée en la mémoire de ces enfants ; suivi de la prière au cours de laquelle tout le monde doit être à genoux afin d’implorer la miséricorde du Seigneur.
Néanmoins, Adolphe Lélé Lafrique a remercié ces femmes qui ont effectué le déplacement de ses services pour « envoyer un message fort pas seulement au gouverneur que je suis, mais à la nation camerounaise dans l’ensemble, au chef de l’État et à la communauté internationale qui suivent ce qui se passe dans le Nord-ouest en particulier, mais aussi dans le Sud-ouest et pas seulement là-bas mais dans tout le pays, parce que ce qui se passe ici impacte les autres régions et parfois même plus. Si ce n’est pas matériel mais psychologique. Ils souffrent avec nous, prient pour nous et avec nous ».
avant d’ajouter : « nous sommes ici aujourd’hui parce que nous reconnaissons trois personnes. D’abord les jeunes qui se battent pour aller à l’école, les parents ensuite qui les envoient à l’école, les enseignants enfin qui les forment mais qui sont actuellement en difficulté parce que le diable s’est introduit et tente de détourner le processus ».

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Selon le premier citoyen de la région du Nord-ouest, « nous sommes ici aujourd’hui en train de pleurer nos enfants. Ceux qui sont morts à Kumba ne sont pas les premiers. Ils doivent être les derniers. Trop c’est trop », tempête-t-il. Et de s’interroger, « comment allons-nous faire pour qu’ils soient les derniers ? » En guise de réponse, Adolphe Lélé Lafrique Deben Tchoffo rappelle que « la paix commence à la maison; la manière dont vous éduquez vos enfants, la manière dont vous leur parlez, la manière dont vous vous aimez ». Et de conclure, « nos enfants ont le droit d’aller à l’école. L’école n’est pas négociable ».

Donat SUFFO

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