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Société

Cameroun : L’urgence d’une loi pour les délits à caractère tribal

Des voix s’élèvent pour exiger de pénaliser les actes et délits à caractère tribal.

Le tribalisme est réputé source de guerres civiles en Afrique. Au Cameroun, un lourd climat de propagation des discours de haine tribale et de tentative d’instrumentalisation du fait ethnique bat son plein. Préoccupé par cette atmosphère pesante, Jean Simon Ongola, député à l’Assemblée nationale appelle ses collègues du parlement à l’action : « Le parlement doit mener une réflexion afin de légiférer et pénaliser les actes et délits à caractère tribal, si nous voulons consolider voire dans bien des cas recréer un imaginaire collectif, un désir d’avenir et de vivre ensemble », exhorte-t-il dans une tribune intitulée Résistance aux talibans de la pensée tribale, publiée fin février dans les colonnes du Jour. On sait que l’idée d’une proposition de loi a germé un moment dans la tête de quelques députés de la majorité (Rdpc) même si depuis environ 30 ans de multipartisme aucune proposition de loi n’a été déposée par les députés du parti au pouvoir.

Génération 90, Think Tank de réflexion et d’action regroupant d’anciens dirigeants de la contestation estudiantine des années 90 au Cameroun va
plus loin pointant la responsabilité du pouvoir dans la propagation du tribalisme. Le Think Tank des anciens leaders estudiantins interpelle les
faiseurs de loi et « demande à l’Assemblée nationale de légiférer sur la propagation de la haine ethnique au Cameroun en adoptant une loi
sanctionnant les personnes reconnues coupables d’action ou d’incitation à la haine tribale. Une telle loi, insistent-ils, permettrait de poursuivre des personnes tenant un discours public (Presse écrite, TV, Web, etc.) ayant pour objectif de stigmatiser des concitoyens sur la base de leurs origines. Cette législation pourrait s’inspirer des lois contre le racisme et la discrimination d’une manière plus générale et conférerait le pouvoir de saisine/droit d’ester en justice à des particuliers se sentant visés, ainsi qu’à des organisations de protection des droits humains et de luttes contre les discriminations
», suggère Génération 90. Dans le concert des voix qui appellent à une législation pour pénaliser le tribalisme, le parti politique Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) s’est aussi engagé en novembre dernier à « l’élaboration d’une proposition de loi sur le tribalisme destinée à réprimer ce fléau. Ce texte sera soumis à la communauté nationale, au gouvernement et aux parlementaires » . En fait, si le gouvernement en a convenance, il a aisément la possibilité, quand il le souhaite, de préparer un projet de loi contre le tribalisme et le déposer au parlement, où il a une majorité confortable, pour adoption.

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Claude Tadjon
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