Politique

Cameroun : Les non-dits des nominations à la Police

La dernière mouture du vaste mouvement des fonctionnaires de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn) a été l’objet de tripatouillage et de marchandage de toutes sortes.

Résultats des courses beaucoup de curiosités et d’incohérences entourent cet acte présidentiel. 18 mars 2021. Ce jour fera, à coup sûr, date au sein de la Police nationale. En effet, le chef de l’Etat a signé une série de décrets portant nominations des responsables dans les services centraux et extérieurs de la Délégation générale de la sûreté nationale. Au moment où ces fonctionnaires sont installés dans leurs divers postes de responsabilité, des langues se délient. Des clameurs sourdent. Des grincements de dents sont à n’en plus finir. Le feedback du séisme de grande amplitude qui a secoué les fonctionnaires de la Police est parvenu aux délicates oreilles du délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé. Du coup, le patron de la Police a décidé d’y voir clair. Un message porté du Dgsn via le secrétariat général, à l’adresse des directeurs et délégués régionaux, est transmis à ces hauts responsables afin qu’ils fassent parvenir «sous huitaine», la liste du personnel nommé contenant des retraités, des décédés, des doublons, des fonctionnaires appelés à d’autres fonctions sans postes, des postes vacants.

Lorsqu’on gratte le vernis sur la genèse du vaste mouvement intervenu au sein du corps de la Police nationale, il appert, selon des sources internes, que le secrétaire général, le Commissaire divisionnaire, Dominique Baya, après avoir préparé avec minutie ces textes, les a soumis au Dgsn pour arbitrage et appréciation. Ce dernier, a coté le dossier au chargé d’études n°4 qui est par ailleurs son fils, de surcroit, professeur des lycées et d’enseignement général (Pleg). C’est entre les mains de celui qui fait la pluie et le beau temps dans la police, que les mouvements parvenus à la présidence de la République, ont subi des tripatouillages. Il en va de même des recrutements sur concours des jeunes Camerounais dans ce corps, au cœur de moult marchandages et de favoritismes.

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Orthodoxie

Comme un crime n’est jamais parfait, un retraité est remis en selle. C’est le cas de Pierre Bilong, Commissaire divisionnaire, promu délégué régional de la sûreté nationale pour le Nord, alors qu’il jouissait de sa retraite après avoir occupé, comme dernier poste celui de commissaire central n°3 de la ville de Douala, qui était piloté du reste par un intérimaire désigné par le patron de la police dans le Littoral, le commissaire divisionnaire, Raymond Essogo. Quand bien même, il serait encore en activités dans sa nouvelle casquette de délégué régional de la sûreté nationale du Nord, comment comprendre que son plus proche collaborateur, le commandant du Gmi, plus ancien commissaire divisionnaire et supérieur du divisionnaire Bilong, par le passé, soit désormais sous les ordres de ce dernier ?

Comme si cela ne suffisait pas, en parcourant les actes présidentiels nommant les responsables à la police, on ne peut s’empêcher de remarquer que certains moins gradés sont promus pour commander les plus gradés et les plus anciens. Une incongruité ! Toutes choses qui sont aux antipodes de l’orthodoxie dans la police. Illustration, le cas du chef service des carburants, un officier de police principal, fût-il titulaire de master, un fils du chargé d’études no4 à la Dgsn, qui occupe le poste alors que les textes fondateurs de la Police disent que seuls les commissaires de police sont ou ont rang de chefs de service.

Bien plus, à cause des penchants libidineux du chargé d’études n°4, les postes sont féminisés de plus en plus. Beaucoup de personnel féminin connaît une ascension, comme pour dire qu’à la Police on prône le respect du genre. En réalité, des sources dignes de foi évoquent, d’ailleurs, des séjours dispendieux de ce chargé d’études, au frais du contribuable, lors de ses missions à Douala, où il loge dans deux hôtels requis grâce aux bons soins des services de la surveillance du territoire. C’est à se demander comment notre métronome fait pour se prélasser la même nuit, dans deux chambres luxueuses des hôtels Ibis entre autres. Vous avez dit avoir le don d’ubiquité ? Ç’a tout l’air…Pour certaines sources internes à la Police, ce Pleg qui ne maîtrise rien du corps, est réputé licencieux. Plusieurs couples des fonctionnaires de la police battent de l’aile, du fait de ses activités sexuelles débordantes. Allant jusqu’à exiger des droits de cuissage à nombre de policières en leur promettant des promotions en grade et à des postes de responsabilité.

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Selon des fonctionnaires de la police, il est temps que Martin Mbarga Nguélé, le Dgsn, reprenne la main, au risque de passer par pertes et profits, le prodigieux travail de restructuration d’un corps, en passe de replonger dans les tares ataviques qui l’ont gangrenées, il y a quelques années. Le Dgsn entouré des experts de la Police comme les Inspecteurs généraux Jean Marie Mvogo, Dr Jean Louis Messing et autres auraient pu s’appuyer sur cette expertise avérée, pour orchestrer le mouvement de son personnel. Pour l’heure, des frustrations sont légion et préparent le lit d’un mécontentement susceptible de fragiliser un corps au service de l’État et des populations.

MARLYSE SIBATCHEU

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