Economie

Cameroun: Le risque de blanchiment d’argent reste élevé

Les secteurs les plus exposés, les banques, le marché des titres, les assurances, la microfinance, les sociétés de transfert de fonds, les bureaux de change, les casinos, l’immobilier…

L’atelier de restitution du rapport de l’Evaluation nationale des risques (Enr) de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme au Cameroun s’est tenu à Yaoundé le 19 janvier 2021. Travaux présidés par le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye. Selon ce rapport, la menace nationale de blanchiment d’argent au Cameroun a été évaluée « élevée » lors de la période d’étude. Et que la vulnérabilité nationale quant à elle est jugée « moyennement élevée ». Le risque de blanchiment d’argent est donc évalué élevé au Cameroun. Toujours selon les conclusions du rapport, on apprend que les secteurs les plus exposés au blanchiment des capitaux se recrutent dans les banques, le marché des titres, les assurances, la microfinance, les sociétés de transfert des fonds, les bureaux de change, les casinos, l’immobilier, les négociations des métaux précieux, la concession automobile, etc.

Par ailleurs, indique le rapport, le risque global de financement du terrorisme est aussi évalué « élevé ». Ce, du fait des actes terroristes enregistrés au Cameroun, des flux financiers détectés, des sources et des réseaux de financement des terroristes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national. La menace globale du financement du terrorisme tient compte des éléments tels que les paiements de rançons, les pillages d’institutions financières, les pillages de bétail, la contrebande, la contrefaçon, le trafic de drogue et d’armes, le commerce de produits agricoles et halieutiques et les activités commerciales normales. « Cet exercice a permis d’identifier les menaces, de mieux appréhender les vulnérabilités du dispositif camerounais et d’apprécier à juste titre le risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme auquel le pays est exposé », a souligné le ministre.

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Renforcer le dispositif national de lutte

Notons que la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme est un levier de l’intégrité financière. « La finalisation de cet important travail témoigne une fois encore de la volonté et de la détermination constantes des autorités camerounaises de se doter d’un dispositif, non seulement conforme aux normes internationales, mais aussi et surtout le mieux à même de garantir l’intégrité du système financier national, gage de l’attrait des investissements sains, pour le développement et l’atteinte de l’émergence, voulue par le Président de la République », a martelé Yaouba Abdoulaye.

Il a aussi indiqué que le rapport constitue un précieux outil d’orientation à deux niveaux de prise de décision. Au niveau central, le rapport de l’Enr servira de base, voire de boussole à la prise de décision stratégique dans la mise en œuvre des mesures visant à renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux. Au niveau sectoriel, le rapport de l’Enr constitue une base solide pour les différentes autorités nationales, les organes de supervision, d’autorégulation et de contrôle, les professions assujetties, qui devront s’inspirer de l’évaluation nationale des risques pour étayer et produire leurs propres évaluations sectorielles.

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Achille KAMGA

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