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Cameroun : Le Kg de viande coûte 3500 FCFA à Ngaoundéré

Les bouchers mettent en cause la rareté des bœufs sur le marché local de Ngaoundéré.

3500 FCFA et 2300 FCFA sont les nouveaux tarifs du kilogramme de la viande avec os et sans os dans la ville de Ngaoundéré, région de l’Adamaoua. Ces prix sont appliqués depuis le mercredi 4 mai 2022 dans différentes boucheries et au marché de viande de Ngaoundéré. Selon les bouchers, cette situation a commencé à la veille de la célébration de l’Eid El Kabir (fête du Ramadan) le lundi 2 mai dernier. La situation s’est empirée dans différents points de ventes de la viande. « Le prix du kilogramme de viande est parti de 1800 à 2300 FCFA. Nous n’arrivons pas à avoir les bœufs au marché à bétail. Le prix aussi a connu une hausse. Nous sommes obligés de nous adapter à la rareté du bœufs », explique Bachirou, un boucher au grand marché de Ngaoundéré.

L’explication est presque la même chez d’autres bouchers de la ville. Tous mettent en cause la rareté des bœufs sur le marché local. « Il n’y a pas de bœufs et ce qu’ont trouvé sur place il faut le négocier au prix fort. Une vache coute entre 230.000 et 290.000 FCFA sur le marché. Le taureau est au-delà de 700.000 FCFA. Vous comprenez pourquoi le prix du kilogramme est à la hausse maintenant », confie, dépité, Awal Mohamadou, propriétaire d’une boucherie. Pour le syndicat des bouchers de la Vina, la situation est intenable et risque de s’empirer au jour le jour. « Nous avons peur que cette affaire ne s’arrange pas dans les prochains jours », insiste-t-il. La seule solution selon eux pour éviter une nouvelle hausse qui n’est pas exclue c’est la disponibilité en quantité des bœufs sur le marché.

Exportation de bœufs

Chez les éleveurs, c’est le désordre né de l’exportation de bœufs et la fluctuation sur le prix des bêtes qui est à l’origine de cette hausse sur le marché. « Beaucoup d’éleveurs préfèrent aller vendre les bœufs au Gabon, au Congo et en Guinée-équatoriale, d’où la rareté des bœufs sur le marché local. Les revendeurs achètent au prix fixé par l’éleveur et ce n’est pas destiné pour le marché local », affirme Alhadji Mohamadou Aliou, un éleveur de Tello. Selon lui, la hausse du prix du tourteau par la Sodecoton et le prix de certains médicaments auprès des vétérinaires est aussi l’une des causes de la situation que vivent les opérateurs du secteur élevage. Au syndicat des éleveurs de la Vina comme à la Maison de l’éleveur, aucune information ne filtre. Les dirigeants de ces deux organisations ont préféré ne pas se prononcer sur le sujet. Selon le porte-parole du syndicat des éleveurs bovins de la Vina, les éleveurs reçoivent quotidiennement des menaces et intimidation sur la hausse du prix de la viande sur le marché. « Nous attendons la tenue de notre assemblée générale dans les prochaines semaines pour donner notre avis sur la question. Expliquer à l’opinion pourquoi le prix du bœuf a augmenté. Pour l’instant nous ne parlerons pas. Il y a diverses pressions qui sont exercées sur nos dirigeants et membres », a confié le porte-parole des éleveurs de la Vina.

Responsabilités

A la délégation régionale du commerce pour l’Adamaoua la situation est suivie de près. « Nous régulons le prix du marché avec des marchés témoins que nous avons mis sur pied grâce aux bouchers. La situation actuelle est qu’il manque de bœufs sur le marché. Il faut voir avec la délégation de l’élevage qui a la grille tarifaire du bétail selon la catégorie», explique le délégué régional du Mincommerce de l’Adamaoua, Mohamadou Kavaye. « Même dans la boucherie témoin de la délégation régionale du Mincommerce, il y a eu une hausse de 100 FCFA sur le kilogramme de viande avec os et celui sans os est passé à 2200 FCFA », insiste le délégué régional du commerce pour l’Adamaoua. D’après ses explications, seuls les services du ministère de l’élevage, des pêches et industries animales sont compétents dans la classification de la qualité de la viande vendue sur le marché local. « La viande de bœuf est classée en 3 catégories. Le prix est aussi fixé par le service vétérinaire qui connaît et maitrise la qualité du bœuf tué » conclu-t-il. A la délégation départementale du Minepia pour la Vina, le reporter de Le Jour est renvoyé à la délégation du commerce. « Nous suivons les éleveurs sur le volet technique. Avec la libéralisions ce n’est pas à nous de fixer le prix du bœuf sur le marché. Nous veillons à ce que les bœufs vendus soient de bonne santé. C’est là où s’arrête notre travail », explique un cadre de la délégation départementale du Minepia pour la Vina.

En rappel, le prix du kilogramme de la viande sur les marchés de la région a connu trois hausses depuis janvier 2022. Il est passé de 1400 FCFA le kilogramme avec os en janvier pour 1900 et aujourd’hui 2400 FCFA aujourd’hui. Le kilogramme de la viande sans os est passé de 2000 FCFA en janvier 2022, puis 2800 au mois de mars et aujourd’hui à 3500 FCFA dans les villes de Ngaoundéré, Tibati, Tignère et Meiganga.

Adolarc Lamissia / 237online.com

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