La défiance de Samuel Eto’o envers l’État camerounais depuis le discours présidentiel du 10 février 2024 intrigue et divise. Mais au-delà des débats passionnés, il est crucial de décrypter les véritables enjeux de cette confrontation. Et force est de constater que derrière les postures se cache une réalité crue : pour l’ancien capitaine des Lions, la FECAFOOT est devenue une question de survie économique. Explications.
Un train de vie princier à maintenir coûte que coûte
Retraité des terrains depuis plusieurs années, Samuel Eto’o doit pourtant continuer à assumer le train de vie fastueux qui a fait sa légende. Montres de luxe, costumes hors de prix, voyages en jet privé… Un standing qu’il s’efforce de maintenir à tout prix, comme un fardeau.
Et c’est là que la FECAFOOT entre en jeu. Depuis son accession à la présidence, l’ex-star du Barça a tissé une véritable toile économique autour des équipes nationales. Une manne juteuse qui lui permet d’entretenir son réseau d’influence et son style de vie princier. Petit tour d’horizon des jackpots que Samuel Eto’o tire de la sélection nationale.
La FECAFOOT, une poule aux œufs d’or pour Eto’o
- Location d’avions : Depuis 2022, c’est la société Luxury Plane d’Eto’o qui assure la location des avions pour les déplacements des Lions. Un business chiffré en centaines de millions de FCFA.
- Billets d’avion : Là encore, la société de l’ancien attaquant se charge des achats, avec un système de surfacturation bien rodé. Un classique pour blanchir l’argent sale, selon les experts.
- Équipements des équipes nationales : L’affaire ONE ALL SPORTS en dit long sur les enjeux. Entre rétro-commissions et vente des maillots, on parle de milliards de FCFA.
- Sponsors des équipes nationales : Les contrats avec 1XBET, Orange ou MTN s’accompagnent de juteux pots-de-vin. L’omerta de la FECAFOOT sur les montants en jeu est éloquente.
- Matchs amicaux : Un business très rentable, comme l’illustrent les mystérieux adversaires affrontés avant le Mondial qatari. Nul ne sait combien ces rencontres ont rapporté à Eto’o.
- Placement des joueurs : En mettant en avant certains jeunes talents au détriment d’autres, Eto’o s’assure de confortables commissions lors de leur transfert à l’étranger.
- Les milliards du gouvernement : À chaque compétition, l’État débloque des milliards pour les Lions, versés à la FECAFOOT. Une manne dont Eto’o ne peut se passer.
- La gestion des primes : Entre primes non payées et rétro-commissions, le contrôle des bonus des joueurs se chiffre en centaines de millions. Le silence des Lions n’est pas toujours signe que tout va bien…
Une guerre pour sa survie, au mépris du droit
Quand on a conscience de ces enjeux colossaux, on comprend mieux l’acharnement d’Eto’o à garder le contrôle de la FECAFOOT, quitte à défier l’État. Car c’est bien de sa survie économique qu’il s’agit.
Peu importe que les textes soient bafoués, que les décisions de justice soient ignorées. Pour celui qui fût l’un des plus grands joueurs de l’histoire, la FECAFOOT est un jackpot qu’il faut conserver à tout prix. Quitte à mettre le football camerounais en péril.
Reste à savoir jusqu’où cette fuite en avant mènera Samuel Eto’o. Lui qui a amassé des dizaines de milliards durant sa carrière devra-t-il un jour se résoudre à vivre comme monsieur tout-le-monde ? Rien n’est moins sûr. Car comme le dit l’adage, l’argent est le nerf de la guerre. Et Samuel Eto’o est un guerrier qui n’a pas l’intention de déposer les armes.
Par Ulrich Tchianda pour 237online.com
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