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Cameroun : Starlink dans le viseur, le MINPOSTEL sonne la fin de la récré

Starlink

La toile se resserre autour de Starlink au Cameroun. Minette Libom Li Likeng, la ministre des Postes et Télécommunications, a tapé du poing sur la table ce 4 avril 2024. Lors du lancement du programme Industry Maker ACADEMY (IMA24), elle a sommé SpaceX, la société mère de Starlink, de suspendre illico ses services d’Internet par satellite dans le pays. Un coup de semonce qui risque de faire des remous dans le landerneau technologique.

Depuis quelques mois, les kits Starlink fleurissent un peu partout au Cameroun, permettant à de nombreux citoyens d’accéder à une connexion haut débit de qualité. Problème : Starlink n’a pas de licence pour opérer sur le territoire. Une situation que Minette Libom Li Likeng n’entend plus tolérer.

« J’ai déjà reçu la directrice Afrique de Starlink et nous lui avons dit que le marché camerounais est ouvert, mais réglementé. Il faut avoir une licence », a-t-elle martelé. Et d’ajouter : « J’ai signé une note il y a quelques jours à l’adresse de Starlink pour leur demander de bloquer les utilisateurs camerounais. Parce que pour le moment, c’est dans l’illégalité ».

Des risques sécuritaires et de protection des données

Pour la ministre, au-delà de l’aspect réglementaire, c’est la question de la sécurité nationale et de la protection des données personnelles des Camerounais qui est en jeu. « Si tous les Camerounais achètent des équipements Starlink sans contrôle, il va se poser un problème de sécurité et même de protection des données personnelles », a-t-elle prévenu.

Un argument de poids dans un contexte où les questions de cybersécurité et de souveraineté numérique sont au cœur des préoccupations. D’autant que Starlink, de par son modèle, échappe pour l’instant à tout contrôle des autorités camerounaises.

Camtel dans le viseur, les utilisateurs en sursis

Mais au-delà de Starlink, c’est aussi un avertissement à Camtel, l’opérateur historique national, que Minette Libom Li Likeng a lancé. « Si Camtel ne se réveille pas pour être performant, Starlink va le balayer », a-t-elle prévenu, appelant à une véritable remise en question de l’opérateur public.

Quant aux utilisateurs camerounais de Starlink, ils risquent de se retrouver bien dépourvus dans les jours à venir. Car selon nos informations, recoupées auprès de Digital Business Africa, Starlink aurait décidé d’obtempérer et de couper ses services au Cameroun. Une pilule amère à avaler pour tous ceux qui avaient trouvé en Starlink une alternative aux offres parfois défaillantes des opérateurs locaux.

Un bras de fer qui s’étend à toute l’Afrique centrale

Le cas camerounais est loin d’être isolé. Comme le révèle 237online.com, d’autres pays d’Afrique centrale comme la RD Congo, le Congo ou le Gabon sont également confrontés au casse-tête Starlink. Partout, les régulateurs télécoms tentent de reprendre la main face à cette offensive de SpaceX qui bouscule les équilibres établis.

Reste à savoir si cette fermeté suffira à endiguer le phénomène Starlink sur le continent. Car malgré les interdictions, de nombreux Africains continuent de s’approvisionner en kits Starlink à l’étranger, donnant naissance à un véritable marché noir. Preuve s’il en est que la demande pour une connexion Internet de qualité est immense, et que les opérateurs traditionnels peinent à y répondre.

En attendant une clarification de la situation, une chose est sûre : la bataille de l’Internet par satellite ne fait que commencer en Afrique. Et le Cameroun, comme ses voisins, devra trouver le juste équilibre entre régulation et innovation pour ne pas se laisser distancer dans cette course à la connectivité.

Par Claude Amougou pour 237online.com

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