Cameroun : Le scandale qui ébranle la gendarmerie de Douala

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Un incident choquant secoue actuellement la ville de Douala. Des gendarmes peu scrupuleux sont accusés d’avoir monté un stratagème élaboré pour voler un téléphone, séquestrer un livreur et lui extorquer de l’argent. Une affaire sordide qui jette une lumière crue sur les dérives de certains représentants des forces de l’ordre.

Un guet-apens machiavélique orchestré par de faux clients

Tout commence le lundi 01/04/24 lorsque M. N., commerçant et vendeur de téléphones à Douala Ancien 3e, reçoit une commande d’un certain Michel Amvoumba, alias Platini Drum’s. Ce dernier souhaite se faire livrer un Google Pixel à 45 000 FCFA, soi-disant pour l’offrir à sa compagne. Une première livraison se déroule sans encombre.

Mais quelques heures plus tard, le prétendu client rappelle, se plaignant d’un problème de haut-parleur. M. N. propose alors un échange sous 2 jours, le temps de réapprovisionner son stock. S’ensuivent alors des appels incessants et des menaces de la part de Michel Amvoumba, mettant la pression sur le commerçant.

Une livraison qui tourne au cauchemar

Le jeudi, un second livreur est envoyé pour procéder à l’échange du téléphone défectueux et honorer une autre commande d’un Pixel 3XL à 71 000 FCFA. Mais sur place, c’est le drame. Le livreur est brutalisé et enlevé par Michel Amvoumba et ses complices, qui l’emmènent de force à la Brigade Régionale de Bonanjo.

Là, il est remis aux mains du gendarme Tsoga Edgard, qui exige 5 000 FCFA pour le libérer. Une somme que le livreur paie, ignorant qu’on lui réclamera ensuite 15 000 FCFA supplémentaires pour récupérer sa moto ! Un véritable racket en bande organisée.

Des gendarmes ripoux qui sévissent en toute impunité

Pendant ce temps, les malfaiteurs, dont fait partie le gendarme Tsoga Edgard, disparaissent dans la nature avec le téléphone à livrer et un chargeur d’une valeur de 65 000 FCFA destiné à un autre client. Un butin conséquent pour ce gang qui n’hésite pas à se servir de l’uniforme pour commettre ses méfaits.

Pire, une fois le livreur relâché, Michel Amvoumba réapparaît sur WhatsApp pour narguer le commerçant floué et son avocat qui tentait de comprendre les raisons de cette interpellation abusive. Une attitude provocatrice qui en dit long sur le sentiment d’impunité dont jouissent ces gendarmes ripoux.

Un scandale qui en dit long sur l’état de la gendarmerie

Cette affaire est symptomatique des dérives qui gangrènent les forces de l’ordre camerounaises. Lorsque des gendarmes censés protéger la population se transforment en vulgaires brigands, c’est tout le système qui est à remettre en question.

Il est grand temps que les autorités prennent des mesures drastiques pour assainir les rangs de la gendarmerie et restaurer la confiance des citoyens. Car si les uniformes deviennent synonymes de racket et d’extorsion, c’est la sécurité et la stabilité même du pays qui sont menacées.

Les Camerounais attendent désormais des actes forts. L’honneur de la gendarmerie et la crédibilité de l’État sont en jeu. Il est impératif que les coupables soient identifiés, jugés et sévèrement punis. Et qu’un vaste mouvement de réforme soit engagé pour restaurer l’intégrité de cette institution essentielle à la paix civile. Sinon, c’est la colère et la défiance qui risquent de l’emporter.

Par Ulrich Tchianda pour 237online.com

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