Cameroun : Le football, jadis fierté nationale, sombre dans un chaos honteux !

Akere Muna

Akere Muna : « Le monde s’effondre et le centre ne peut plus tenir »

Le constat est aussi amer que cinglant. Venant d’Akere Muna, éminent avocat et figure respectée de la société civile camerounaise, il prend une résonance toute particulière. Dans une sortie remarquée, l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats a exprimé sa consternation face au spectacle désolant offert par le football camerounais ces derniers jours. « Le football, qui était autrefois le dernier bastion et la source de fierté du Cameroun, fait maintenant l’objet d’un spectacle sordide », a-t-il déploré, pointant du doigt la « cupidité » et « l’ego surdimensionné » de certains acteurs du ballon rond. Un diagnostic sévère mais lucide, qui vient rappeler que le chaos qui gangrène actuellement les Lions Indomptables n’est que le reflet d’un mal plus profond qui ronge la société camerounaise dans son ensemble. Pour ne rien manquer des coulisses du football camerounais, une seule adresse : 237online.com, votre site d’infos sans langue de bois.

Yaoundé Hilton, théâtre d’une guerre de clans indigne

Car c’est bien à l’hôtel Hilton de Yaoundé que s’est jouée la dernière bataille en date de la guerre fratricide qui oppose la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) au Ministère des Sports. Un lieu devenu malgré lui le théâtre d’un affrontement sordide entre les clans pro-Eto’o et pro-Minsep, se disputant ouvertement le contrôle des Lions à coups de nominations, de limogeages et de déclarations fracassantes. Un triste spectacle donné en pâture aux médias du monde entier, et qui écorne un peu plus l’image d’un football camerounais jadis respecté et admiré sur la scène internationale. « Tout est là en ligne pour que le monde entier voie comment par personnes interposées des factions belligérantes se querellent », s’indigne Akere Muna, atterré par ce déballage de linge sale en public.

Des « hautes instructions » qui sèment le trouble et la confusion

Mais qui se cache vraiment derrière ce chaos qui paralyse la sélection nationale ? C’est la question que soulève, non sans malice, l’ancien bâtonnier. « Qui est à la trame de ce chaos ? Chacun a ses propres ‘hautes instructions’« , s’interroge-t-il, pointant du doigt les luttes d’influence qui se jouent en coulisses, au sommet de l’État. Car dans ce bras de fer qui oppose Samuel Eto’o à Narcisse Mouelle Kombi, chacun se revendique de la caution présidentielle, brandissant des « instructions » venues d’en haut pour justifier ses décisions. Mais dans ce brouillard de communiqués et de contre-communiqués, impossible de démêler le vrai du faux. Une confusion savamment entretenue, qui laisse les observateurs perplexes et les joueurs dans l’expectative.

Un pays qui se délite, un pouvoir qui vacille

Pour Akere Muna, cette crise qui secoue le football camerounais n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste. Celui d’un pays qui se délite, miné par la corruption, les luttes de clans et la faillite des institutions. « Le monde s’effondre et le centre ne peut plus tenir », résume-t-il dans une formule choc, empruntée au célèbre roman de Chinua Achebe. Une manière de signifier que le chaos qui règne chez les Lions n’est que le symptôme d’un pouvoir central qui vacille, incapable de faire respecter son autorité et de ramener l’ordre dans ses rangs. Un constat d’impuissance qui en dit long sur l’état de déliquescence avancée du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis près de 40 ans.

Le peuple camerounais, grand perdant de ce cirque politico-sportif

Mais au milieu de ces querelles de clans et de ces enjeux de pouvoir, il y a un grand oublié : le peuple camerounais. Ce peuple qui vibre à chaque exploit de ses Lions, qui place tant d’espoirs et de fierté dans son équipe nationale. Ce peuple qui ne demande qu’à voir ses joueurs briller sur les pelouses, et faire honneur au maillot vert-rouge-jaune. C’est ce peuple qui est le grand perdant de ce cirque politico-sportif indigne. « Que des gens se réjouissent d’un tel chaos me coupe le souffle », s’émeut Akere Muna, atterré de voir certains supporters se ranger aveuglément derrière tel ou tel clan, au mépris de l’intérêt supérieur de la sélection. Un constat amer, qui en dit long sur la responsabilité de chacun dans cette triste dérive. Il est temps que les acteurs du football camerounais se ressaisissent, et remettent l’intérêt de la nation au cœur de leurs préoccupations. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que les Lions retrouveront leur fierté et leur grandeur d’antan.

Par Rostand Siekou pour 237online.com

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