Cameroun : Un douanier suspendu 4 mois pour son soutien inconditionnel à Eto’o !

Bitjong Bitjong Marius Igor

Bitjong Bitjong Marius Igor, une affaire qui fait grand bruit

C’est une affaire qui fait grand bruit dans les cercles du pouvoir à Yaoundé. Bitjong Bitjong Marius Igor, contrôleur-adjoint des douanes en service à la Brigade Commerciale des Douanes de Yaoundé, vient d’écoper d’une suspension de quatre mois. Son tort ? Avoir apporté un soutien jugé trop appuyé à Samuel Eto’o, le bouillant président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), dans son bras de fer avec le gouvernement. Une sanction qui en dit long sur le climat de tensions et de suspicions qui règne actuellement au sommet de l’État, sur fond de luttes d’influence entre pro et anti-Eto’o. Pour ne rien manquer des dessous de l’actualité camerounaise, une seule adresse : 237online.com, votre site d’infos sans langue de bois.

Une « obligation de réserve » mise à mal par un soutien trop vocal

Mais qu’a donc fait Bitjong Bitjong Marius Igor pour s’attirer ainsi les foudres de sa hiérarchie ? Selon la décision de suspension signée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, le douanier aurait « manqué gravement à son obligation de réserve », sans plus de précisions. Mais dans les coulisses, chacun y va de sa petite musique. Pour beaucoup, le tort du contrôleur-adjoint aura été de prendre trop ouvertement parti pour Samuel Eto’o dans sa guerre ouverte contre le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi. Un soutien jugé incompatible avec le devoir de neutralité qui s’impose à tout fonctionnaire, et plus encore à un douanier, corps réputé proche du pouvoir. En apportant ainsi son onction à la fronde anti-gouvernementale menée par Eto’o, Bitjong Bitjong Marius Igor aurait franchi la ligne rouge.

Une sanction lourde de conséquences pour le douanier

Les conséquences de cette suspension ne sont pas anodines pour le fautif. Pendant quatre longs mois, Bitjong Bitjong Marius Igor va devoir se tenir éloigné de son poste de travail, avec la perte sèche de salaire que cela implique. Pire, il lui est même interdit de porter l’uniforme de l’administration des douanes pendant toute la durée de sa mise au ban. Une sanction particulièrement infamante pour ce gradé, qui vient ternir une carrière jusque-là sans tache. Mais au-delà de ce cas individuel, c’est tout un signal qui est envoyé à la fonction publique camerounaise : gare à ceux qui seraient tentés de prendre parti dans la guerre Eto’o-gouvernement. Le pouvoir entend bien garder la main sur ses troupes, et est prêt à sévir contre tout élément dissident.

La bataille Eto’o-Minsep, un révélateur des luttes de clans au sommet

Car cette affaire Bitjong Bitjong Marius Igor n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste. Celui d’une lutte de pouvoir sans merci qui se joue actuellement dans les plus hautes sphères de l’État, entre les pro et les anti-Eto’o. D’un côté, le président de la Fecafoot, fort de sa popularité et de ses réseaux, qui entend bien imposer sa loi au football camerounais. De l’autre, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi, déterminé à ne rien lâcher des prérogatives de son ministère. Et au milieu, des clans qui s’affrontent par procuration, à coups de déclarations fracassantes, de limogeages et de sanctions disciplinaires. Un jeu de massacre dont ce douanier trop bavard n’est que la dernière victime en date.

Paul Biya, l’arbitre invisible d’une partie d’échecs dangereuse

Mais dans cette partie d’échecs à hauts risques, un homme reste étrangement muet : Paul Biya. Le président de la République, seul à même de trancher ce conflit par le haut, brille par son absence. Un silence qui en dit long sur la déliquescence d’un pouvoir qui ne semble plus en mesure d’imposer son arbitrage, ni même de faire respecter la sacro-sainte « obligation de réserve » à ses fonctionnaires. En laissant ainsi les clans s’entredéchirer au sommet, Paul Biya joue avec le feu. Car à force de laisser les luttes de pouvoir gangrener la sphère étatique, c’est toute la stabilité et la crédibilité des institutions qui sont menacées. Il est plus que temps que le chef de l’État reprenne les choses en main, avant que le bateau Cameroun ne sombre corps et biens. Faute de quoi, l’affaire Bitjong Bitjong Marius Igor ne sera qu’un énième symptôme du délitement d’un système à bout de souffle.

Par Ulrich Engoumou pour 237online.com

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