Cameroun : Le bras de fer Eto’o-État tourne court, la Fecafoot capitule en 24h !

Samuel Eto’o et Ferdinand Ngoh Ngoh

Contrairement aux rumeurs qui bruissent, le staff technique des Lions Indomptables, nommé par l’État camerounais, n’a subi aucun remaniement. Toute modification aurait dû respecter les procédures légales, notamment la convention de 2015 liant le gouvernement et la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). Que l’initiative émane du Ministère des Sports ou de la Fecafoot, l’aval de la présidence est indispensable. Or, rien de tel ne s’est produit. L’État, conscient qu’un recul, même infime, conforterait la victoire d’Eto’o et galvaniserait ses partisans, n’a fait aucune concession au président de la Fecafoot. Suivez toute l’actualité du football camerounais sur 237online.com.

Eto’o convoqué, sermonne et contraint à l’obéissance

Le 29 mai 2024 a été le jour du dénouement. Boudant une réunion au Ministère des Sports, Samuel Eto’o a été convoqué par le Délégué Général à la Sûreté Nationale (DGSN), Martin Mbarga Nguele. Ce dernier lui a posé un ultimatum : stopper son cirque médiatique ou affronter la toute-puissance de l’État. Le DGSN a reproché à Eto’o d’avoir provoqué un incident diplomatique avec la Belgique et humilié un haut fonctionnaire en mission, Cyrille Tollo. Dans la foulée, un proche de la présidence a averti Eto’o que sa situation était très compromise. Convoqué au palais présidentiel avec le ministre des Sports, Eto’o a dû s’écraser devant un dossier accablant et mettre en application les nominations présidentielles.

Brys convoqué, Eto’o s’excuse, ses adjoints lâchent prise

Le 30 mai au matin, encore groggy, Eto’o convoque le sélectionneur Marc Brys et ses adjoints, espérant sauver la face devant ses supporteurs. Mais le sort s’acharne : le staff est attendu à l’ambassade de Belgique au même moment pour évoquer les incidents à la Fecafoot. Ils s’y rendent finalement, à la demande de Cyrille Tollo. Pendant ce temps, les adjoints d’Eto’o, Pagou et Ntoungou Mpile, cèdent aux pressions et démissionnent. Isolé, Eto’o n’a d’autre choix que de présenter ses excuses à Brys pour calmer le jeu diplomatique et freiner la riposte étatique.

Eto’o affaibli, l’État reprend la main sur la Fecafoot

Cette crise marque un tournant pour Samuel Eto’o. Sa toute-puissance est désormais relative, son impulsivité bridée. L’État, qu’il a défié ouvertement avec la complicité du vice-président de la CAF Osvalde Baboke, l’a désormais dans son viseur. Les financements des sélections nationales risquent de se tarir. Pire, Eto’o s’est mis à dos ses anciens alliés, au premier rang desquels Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence. L’ancien capitaine des Lions est-il en train de perdre le contrôle du football camerounais ? L’avenir nous le dira. En attendant, cette déroute express sonne comme un cinglant rappel à l’ordre : au Cameroun, c’est encore l’État qui dicte sa loi au football.

Par Adalbert Etoundi pour 237online.com

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