Cameroun – Lavage des mains: Une barrière contre les infections

A l’occasion de la célébration de la journée mondiale y relative, l’Unicef rappelle que ce geste banal sauve des vies.
Se laver les mains avec du savon. Un geste apparemment anodin. Et pourtant ! Près de 95% de personnes ne savent pas se laver les mains correctement, d’après les spécialistes en hygiène. Ce geste, effectué au quotidien, est une barrière contre les infections. En effet, se laver les mains avec du savon avant de manger ou de manipuler les aliments, ainsi qu’au sortir des toilettes, permet d’être à l’abri de nombreuses maladies comme la diarrhée, première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans, dans les pays en développement. Au Cameroun, cette affection est responsable de 21% de décès chez les enfants de cette tranche d’âge, selon les données officielles. Malgré les preuves de ses bienfaits pour la santé des tout-petits, le lavage des mains avec du savon se situe à un niveau «dangereusement faible» dans de nombreux pays.
«L’Afrique subsaharienne, la région qui affiche les taux de mortalité de l’enfant les plus élevés du monde, a également des taux de lavage des mains particulièrement faibles», indique le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) dans un communiqué rendu public hier, à l’occasion de la 8ème édition de la Journée mondiale du lavage des mains qui se célèbre ce 15 octobre 2015. «Mêmes les établissements de soins manquent souvent d’endroits réservés au lavage des mains. Dans la région Afrique de l’Oms, environ 42 % d’entre eux ne disposent pas de point d’eau dans un rayon de 500 mètres», regrette le communiqué parvenu à notre rédaction. Or, le lavage des mains au savon, couplé à l’accès à l’eau potable et à l’utilisation des services d’assainissement améliorés, peut réduire le risque de maladies.

Eau potable
Selon les dernières estimations de l’Onu, plus de 800 des quelque 1.400 décès d’enfants provoqués chaque jour par la diarrhée peuvent être attribués à des services d’eau, d’assainissement ou d’hygiène défaillants. Au Cameroun, le problème d’accès à l’eau se pose avec acuité, particulièrement en milieu rural. Selon l’enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples (Eds-Mics 2011), seulement 68,6% de Camerounais utilisent une source d’eau améliorée, avec des disparités entre zones urbaines et rurales. Par ailleurs, 36 % des ménages disposent de toilettes améliorées (76% des ménages ruraux n’en disposent pas du tout) et 7% des ménages n’ont pas du tout de toilettes. Seules 37,7 % des écoles au Cameroun sont approvisionnées en eau potable et 53,6 % disposent de latrines. Cette situation a de nombreuses conséquences sur le plan sanitaire.
En effet, les nouveaux cas de poliovirus sauvage (Pvs) confirmés dans la deuxième moitié de 2013 peuvent être causés par un faible accès à l’eau potable et de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement. Idem pour le choléra, dont le Cameroun a rapporté, en 2014, 3.355 cas, dont 184 décès. «De la naissance -quand les mains non lavées des accoucheuses peuvent transmettre des agents pathogènes dangereux- à la petite enfance, à l’école et au-delà, le lavage des mains est essentiel pour la santé des enfants. Il s’agit d’une des interventions les moins chers, les plus simples et les plus efficaces en matière de santé dont nous disposons», affirme Sanjay Wijesekera, responsable international des programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène (Wash) de l’Unicef. Le thème retenu cette année («Se laver les mains pour l’hygiène») vient rappeler que l’hygiène des mains sauve des vies et coûte moins cher qu’un vaccin.

Patricia Ngo Ngouem

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