Politique

Cameroun – Hamadou Hamidou: « Nous allons ensemble panser les plaies de la ville meurtrie de Maroua »

Réélu au terme d’une élection épique, le Maire de la commune de Maroua 1er annonce à demi-mot sa candidature à la tête de la Communauté urbaine.

Vous venez d’être réélu Maire de la Commune de Maroua 1er au terme d’un feuilleton rocambolesque. Votre sentiment.

Ma gratitude profonde va aux membres du conseil municipal de Maroua 1er qui m’ont à nouveau fait confiance pour porter le projet d’amélioration des conditions de vie de nos populations. Ma reconnaissance est toute entière à notre parti le RDPC et à Son Président national S.E. Monsieur Paul Biya, qui m’a fait l’honneur de m’investir comme conseiller municipal et de me donner la chance de participer modestement à la gestion de l’une des communes les plus cosmopolites de la région de l’Extrême Nord. Cette réélection est le couronnement de ces semaines de campagne électorale dans les cantons, villages et quartiers de notre commune. Je dédie cette nouvelle victoire à ces hommes et femmes qui, durant la campagne, m’ont encouragé et soutenu dans cette aventure politique. Je leur en suis sincèrement gré et leur promet de continuer à être digne de leur confiance. Naturellement à celles et ceux qui nous ont fait des reproches, nous prenons l’engagement de tenir compte de leurs remarques dans une démarche inclusive dont le but est de contribuer au rayonnement de la capitale régionale de l’Extrême Nord, Maroua. Je félicite aussi Youssouf Issa Balarabe mon challenger, mon distingué petit-frère, que j’invite à participer activement au projet de transformation de la commune de Maroua 1er.

Cette élection a tout de même été un enjeu interne au Rdpc et nombre de militants vous ont reproché votre entêtement…

Il faut restituer les faits. Monsieur le Secrétaire général dans sa circulaire du 13 février 2020 précise que le parti investit des candidats dans toutes les communes par le biais du Groupe Municipal Rdpc. Le Groupe municipal Rdpc de Maroua 1er a été dans l’incapacité de délibérer sur le choix du candidat de notre parti, le mandataire du Rdpc ayant décidé d’écarter ma candidature sous de fallacieux prétextes et au nom d’une supposée recommandation du Comité central qui n’a pas été portée à notre attention. Il n’y a donc pas eu de procès-verbal de la réunion du Groupe municipal Rdpc jusqu’au démarrage de l’élection de l’exécutif municipal. Il ne pouvait donc y avoir de candidat désigné par le Parti. Je précise à cet effet que Monsieur le Président national dans sa circulaire du 15 novembre 2019 nous a invité à privilégier la concertation, le dialogue et la recherche du consensus. Le mandataire du parti ne s’est pas fait l’écho de ces recommandations. A cet effet, il est important d’indiquer que je revendique un engagement de la première heure dans ce parti et que je ne saurais en aucune façon constituer une épine pour mon parti. Nous avons été aux avants poste de cette campagne. Nous avons fait le porte à porte, organisé les inscriptions sur les listes électorales, construit la masse critique des populations susceptibles de porter nos couleurs au sein de la ville de Maroua…Je reste fidèle à mon parti dont j’assure la présidence de section du Diamaré Centre 1. Ma loyauté au Rdpc ne peut être évaluée sous le prisme déformant de quelques contempteurs.

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On vous accuse tout de même d’avoir reçu le soutien de l’opposition…

Une fois encore un procès de mauvais aloi contre le vote des conseillers municipaux. Dois-je rappeler que la liste Rdpc à cette élection a été le résultat d’une fusion de deux listes et qu’à ce titre je revendique au moins 50% des conseillers de mon parti. Mon challenger n’aurait donc pu obtenir le nombre de voix qu’il a enregistré à cette élection. Au-delà, je suis maire depuis 2007 et en 13 ans, j’ai travaillé dans ce conseil municipal avec des personnalités respectables de l’opposition qui ont été critiques et constructifs de notre action. Qu’ils m’aient pour quelques-uns apporté leurs suffrages est le témoignage que je mérite à leurs yeux leurs votes. Élus de la ville au même titre que moi, ils me renouvellent la confiance des habitants de la ville. Mais cela ne nous empêche aucunement de continuer à chacun, porter les couleurs de nos partis respectifs, dans le respect de nos divergences partisanes.

L’élection de la communauté urbaine de la ville de Maroua pointe à l’horizon et vos adversaires nourrissent des fantasmes sur votre candidature.

Que cela soit su, je ne ferme aucunement la porte à une candidature à la gestion de la Communauté urbaine de la ville. Il vous souvient qu’en qualité de Grand conseilleur depuis 2007, j’ai formulé et décliné les défis à relever. Il y a à cet effet la complémentarité fonctionnelle entre l’action de la Communauté urbaine et les communes d’arrondissement, la mise en place d’une stratégie de développement de la ville à l’horizon 2025 en prenant en compte les problèmes de plus en plus croissants, la déclinaison des établissements publics municipaux dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation, de l’emploi, de l’entrepreneuriat, de l’urbanisation, de l’emploi, de l’agriculture, de l’élevage, du sport et de la culture… Naturellement la question de la voirie municipale et de l’éclairage public mais plus généralement de la planification des investissements sont des attentes fortes de nos populations et requièrent des solutions du magistrat municipal. J’ai déjà travaillé à construire ces projets avec le concours de la coopération italienne et de l’union européenne dans le cadre de l’agenda 21 local. Ma position de membre de la commission de développement durable de l’Association internationale des maires francophones et de Président de la commission jeunesse de Communes et Villes Unies du Cameroun sont des atouts pour porter le nouvel étendard de cette ville de Maroua qui a besoin de lumières du développement. Les populations doivent à ce titre s’impliquer dans la gestion de la cité et le projet de budget participatif est en soi un levier à vulgariser. Aussi, faut-il panser les nombreuses plaies de cette ville qui s’est sentie abandonnée et qui a des aspirations profondes à un mieux-être. Je pense pouvoir incarner cette nouvelle voix. Et le Chef de l’Etat, de passage dans cette ville, nous a demandé de lui apporter le concours utile par des actions locales. Il y a encore quelques heures avant l’élection, je vais me décider d’ici là, avec le concours de mes camarades du parti.

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