Cameroun : Guerre sainte à l’Ouest, l’Évêque défie les chefs traditionnels !

Paul Lontsié-Keuné

Une véritable tempête secoue l’Ouest camerounais. Mgr Paul Lontsié-Keuné, évêque de Bafoussam, se retrouve au cœur d’une polémique explosive qui menace de faire voler en éclats la fragile cohabitation entre Église catholique et chefferies traditionnelles. Cette affaire, révélée en exclusivité par 237online.com, pourrait bien redéfinir les rapports de force dans la région.

Des propos incendiaires qui mettent le feu aux poudres

Tout est parti d’une déclaration choc de l’évêque : « UN CHEF N’EST QU’UN CHEF UN POINT C’EST TOUT, ET DIEU EST DIEU ». Une phrase qui a eu l’effet d’une bombe dans une région où le pouvoir traditionnel reste solidement ancré. Les chefs, profondément offensés, n’ont pas tardé à riposter.

La réplique cinglante des gardiens de la tradition

« Trop c’est trop », tonne un collectif de chefs traditionnels dans une lettre ouverte. « Restez et célébrez vos messes dans vos paroisses, un point c’est tout. Nos villages ne vous appartiennent pas ». Un langage musclé qui traduit des années de frustrations accumulées.

L’Église accusée de « clochardisation » et d’appropriation culturelle

Les chefs n’y vont pas de main morte dans leurs accusations. Ils dénoncent « l’esprit de clochardisation affiché sur le terrain à la recherche du gain » et l’utilisation abusive d’attributs traditionnels dans les cérémonies catholiques. Un véritable réquisitoire contre ce qu’ils perçoivent comme une invasion culturelle.

Des mesures de rétorsion qui font trembler l’Église

Face à ce qu’ils considèrent comme une déclaration de guerre, les chefs ont pris des mesures radicales : interdiction d’utiliser des objets rituels coutumiers dans les églises et décision de ne plus y mettre les pieds « jusqu’à nouvel avis« . Un boycott qui pourrait avoir de lourdes conséquences.

L’ombre du passé colonial plane sur le conflit

Cette affaire ravive de vieilles blessures. Les chefs rappellent que les « croyances traditionnelles à Dieu sont antérieures aux religions dont l’église catholique, qui ont été imposées aux Africains à coups de fouets par des colons missionnaires ». Un passé douloureux qui ressurgit avec force.

Un conflit aux implications nationales

Cette guerre ouverte entre Église et chefferies traditionnelles dépasse le cadre régional. Elle pose la question de la place des autorités traditionnelles dans un Cameroun moderne et laïc. Le gouvernement saura-t-il désamorcer cette bombe à retardement ?

L’avenir incertain du catholicisme dans la région

Alors que les églises se vident en Occident, ce conflit pourrait accélérer le déclin du catholicisme dans l’Ouest camerounais. Certains prédisent déjà la transformation des paroisses en « musées » ou « supermarchés« , comme c’est le cas en Europe.

Ce bras de fer entre Mgr Lontsié-Keuné et les chefs traditionnels est bien plus qu’une querelle locale. C’est tout l’équilibre social et culturel de l’Ouest camerounais qui est en jeu. Entre tradition séculaire et modernité importée, le Cameroun se retrouve face à ses contradictions. L’issue de ce conflit pourrait bien redessiner le paysage religieux et culturel de la région pour les décennies à venir.

Par Christine Etoga pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *