Economie

Cameroun : Grande baisse des prix du haricot et du maïs à Mbouda

Il s’agit de l’une des conséquences de la crise qui a redoublé d’ardeur dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun.

Samedi 25 septembre, Brice L. s’est rendu au marché « A » de Mbouda dans l’arrondissement des Bamboutos, région de l’Ouest. Il y allait pour se renseigner sur les prix d’achat du seau de 15 litres de haricot ainsi que celui du maïs sec. Six mille et deux mille francs Cfa, lui ont répondu les revendeurs. Une semaine plus tard, il revenait sur les lieux, espérant que les prix auront grimpé. Hélas ! Déçu, il constatait que ces prix menaçaient de tomber encore plus bas, variant de 5 à 6 mille Fcfa, selon les preneurs et la race. Les prix du maïs quant à eux, n’avaient pas bougé.

Au centre-ville de Mbouda, nous sommes « le jour du grand marché ». Précisément au lieu-dit « Camp maïs », l’ambiance est morose, pas pour les revendeurs, mais pour les agriculteurs venus des contrées voisines pour écouler les récoltes des saisons dernières. Des camions cargos en cours de chargement sont alignés à la queue leu leu sur les bordures de la route centrale du camp, laissant un mince passage aux piétons. Lesquels vont et viennent au pas course. « Qu’est-ce qu’on va devenir ? Le seau de Merengue et du Terminator (noms races de haricots rouges à petits et à gros grains, ndlr) à six mille francs seulement ? Mais ce n’est pas possible ! », s’exclame un cultivateur alors qu’il marchande avec son grossiste pour lui vendre son sac de haricot. « Les années précédentes, nous vendions le seau entre 11 mille et 12 mille francs Cfa, selon l’ancienneté du haricot. Celui du maïs coûtait 3200 francs. Ça fait mal quand on se retrouve aujourd’hui à vendre le même produit jusqu’à 6 mille fcfa de moins. Pourtant, c’est dessus que nous avons misé pour la rentrée scolaire et académique des enfants », explique Honorine K., une parent d’élève.

Du côté des revendeurs, même si cela ne s’affiche pas, le cœur est en joie. L’offre devenue supérieure à la demande induit de bonnes affaires. « Nous prenons maintenant le kilo de haricot blanc à 730f contre 830 l’an passé, celui des autres races 375f contre 630. Le maïs quant à lui est passé de 175f à 100 le kg », nous renseigne un revendeur. « Beaucoup de déplacés internes en provenance de Bamenda se sont installés ici (Mbouda, ndlr) pour se sauver de la guerre. Du coup, c’est dans ce marché qu’ils écoulent désormais leur récolte. Et comme leur haricot a l’air plus attrayant, il a rapidement conquis le cœur des acheteurs. Voilà ce qui a provoqué la baisse générale des prix », poursuit-il.

De Dasse Bony, 237online.com

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