Cameroun : En neuf ans… 10 préavis de grève des personnels de santé adressés au gouvernement

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Suite au tout dernier, initié par les syndicats, le ministre de la Santé publique a promis de satisfaire dans quatre mois les exigences de meilleures conditions de travail.

Le ministre de la Santé publique a promis d’apporter d’ici la fin du mois de septembre les solutions aux revendications formulées par le personnel du Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé (Chu). Le lundi 8 août 2022, les employés de cette formation sanitaire ont manifesté pour réclamer de meilleures conditions de travail. Les employés de l’hôpital réclament le paiement de 44 mois d’arriérés de quotes-parts. Les quotes-parts sont considérées comme des recettes générées par les hôpitaux publics.

Une partie de ces recettes est sensée être redistribuée aux travailleurs. Dans le souci d’attirer l’attention de la direction générale sur cette doléance, les employés ont décidé d’entrer en grève. Ils sont sortis avec les pancartes, question d’attirer l’attention des décideurs sur cette doléance qui date de plusieurs années. Sylvain Nga Onana, président du Syndicat Cap/ Santé explique que ses camarades ont décidé de suspendre la grève suite à la promesse faite par le ministre de la Santé publique de résoudre cette revendication d’ici octobre 2022.

Paiement des primes

Le mouvement d’humeur déclenché au Chu avait cours alors qu’un préavis annonçant une grève générale dans tous les hôpitaux publics du Cameroun était sur la table de plusieurs membres du gouvernement. Cette grève générale prévue à partir du 16 aout 2022 n’a pas eu lieu. Le personnel médico sanitaire aurait consenti d’accorder un délai supplémentaire de quatre mois au gouvernement afin d’apporter les solutions aux revendications formulées. D’après nos informations, c’est depuis le 3 août dernier que ledit préavis de grève a été soumis au Premier ministre chef du gouvernement, au ministre de la Santé publique, au ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative par les syndicats Cap/Santé et le Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems).

Les deux syndicats qui défendent des droits du personnel en service dans les hôpitaux publics du Cameroun s’inquiètent de ne pas voir les conditions de travail de leurs camarades s’améliorer depuis plusieurs années. Les dites revendications sont liées entre autre : au paiement des primes, à la contractualisation de tous les temporaires des formations sanitaires publiques, à l’immatriculation à la Cnps de plusieurs employés, à la reconstitution des carrières des ex-temporaires des hôpitaux publics et la fixation des salaires des temporaires à 75000F.Cfa.

Ras-le-bol

Sylvain Nga Onana, président du syndicat Cap/ Santé affirme que cela fait plus de 20 années que les conditions de travail du personnel en service dans les hôpitaux publics se dégradent : « Nos doléances ne datent pas d’aujourd’hui. Chaque fois que nous sommes devant nos partenaires qui sont les membres du gouvernement les promesses prises pour satisfaire les doléances de nos camarades ne sont jamais respectées. Nous sortons d’une période où notre pays a enregistré une guerre sanitaire, caractérisée par la propagation de la pandémie de Covid 19. Nous avons perdu nos camarades dans le cadre de cette guerre sanitaire. Il est temps aujourd’hui que les solutions soient prises pour améliorer nos conditions de travail », exhorte-t-il.

En février 2020 déjà, il y a eu grève au Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé et à l’hôpital gynéco –obstétrique et pédiatrique. « Nous voulons nos 30% des quotes-parts », « Chu en grève », « meilleur plateau technique », sont quelques-unes des phrases alors écrites sur des pancartes. Sur l’une d’entre elles, ces infirmières ont fait un dessin du personnel de santé en larmes, témoignage de leur « ras le bol », pouvait-on lire en février 2020 sur les pancartes des manifestants du Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé.

Entre 2012 et 2021, les responsables du syndicat national du personnel médico-sanitaires du Cameroun (Synpems) et Cap/santé disent avoir adressé au moins dix préavis de grève aux membres du gouvernement. Les dits préavis de grève ont été à l’origine des débrayages dans plusieurs formations hospitalières : à l’hôpital central de Yaoundé, à l’hôpital Jamot, au Chu et à l’hôpital gynéco –obstétrique et pédiatrique, ainsi qu’à l’hôpital Laquintinie de Douala. Si rien n’est fait avant décembre 2022, les syndicalistes promettent de réactiver leur préavis de grève.

Prince Nguimbous / 237online.com

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