Cameroun – Douala : Mimi Mefo libérée

Dans la chaîne de solidarité qui s’est aussitôt constituée après l’incarcération de Mimi Mefo Takambou à la prison centrale de Douala, les journalistes ont initié de petits groupes pour rendre visite à leur consoeur et lui apporter du réconfort.

Alors que les hommes de médias attendaient devant les portes du pénitencier de New-Bell samedi 10 novembre 2018 autour de 12h, ils apprennent que la journaliste a été relaxée quelques minutes plus tôt. Le sourire se dessine sur tous les visages. Tout le monde veut rencontrer Mimi Mefo, la rédactrice en chef adjoint du service anglais d’Equinoxe Television. Les journalistes convergent alors à son domicile au quartier Bonamoussadi, dans l’arrondissement de Douala 5ème. Accolades, fous rires, blagues, dégustations de boissons. L’heure est à la fête. Les journalistes arrivent par vagues. Bientôt, la maison semble étroite pour accueillir tout le monde. Certains journalistes ont pris place à la véranda et discutent à gorges déployées. La maman de Mimi Mefo est émue. Elle reconnaît que sa fille ne lui appartient plus à elle toute seule. Elle appartient au monde désormais. Mimi Mefo qui ne cesse de recevoir les invités offre un grand sourire à tous ceux qui s’approchent d’elle. Ce sourire qui ne l’a jamais quittée depuis son incarcération à la prison centrale de Douala dans la nuit du mercredi 07 novembre 2018.

La journaliste confie qu’elle a connu un bon traitement durant sa détention. Elle indique qu’une maman (une pensionnaire) veillait sur elle. Elle l’aidait à dresser son lit et l’accompagnait à la douche lorsqu’elle allait prendre son bain. « Ils ont été très gentils avec moi. Je vais retourner là-bas les rendre visite», a indiqué Mimi Mefo. Mais avant, la journaliste est attendue ce lundi 12 novembre 2018 au tribunal militaire de Douala. On se souvient que les portes de la prison centrale de Douala se sont refermées derrière Mimi Mefo Takambou à 23h15 mercredi 07 novembre 2018. Plus tôt dans la journée vers 14h, la journaliste a répondu à une convocation à la Légion de gendarmerie du Littoral. Elle y a été entendue sur le motif de « propagation de fausses nouvelles ». Une information en lien avec la crise anglophone relayée sur son compte Facebook, et dont la journaliste avait pris le soin de citer la source.

A la légion, Mimi a usé de son droit à garder le silence. Le collège d’avocats constitué par le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) et conduit par Me Alice Nkom a ensuite été invité à se rendre chez le commissaire du gouvernement, près le tribunal militaire. Ce dernier a soutenu que ce qui a été fait par la journaliste s’apparente aux actes de terrorisme et qu’il s’agit d’une atteinte à la sûreté de l’Etat. Selon lui, il revenait alors au tribunal militaire de s’occuper de ce cas. Autour de 23h mercredi, Mimi Mefo a été menottée et placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala. La chaîne de solidarité des confrères et du grand public s’est aussitôt mise en branle jusqu’à la libération de la journaliste samedi.

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