Société

Cameroun-Diffusion Musicale : Le gouvernement laisse mourir les locaux ?

Alors qu’un décret présidentiel précise et encadre les conditions de diffusion des œuvres musicales dans les entreprises privées de communication audiovisuelle, on y remarque une anarchie généralisée qui fait craindre pour l’avenir de la musique « Made in Cameroon ».

Détours dans quelques stations de radio et chaines de télévision de la ville de Yaoundé ce….. Un constat assez frappant retient l’attention ; les musiques d’artistes du terroir n’ont pas une grande place dans les grilles d’antennes. Les sonorités d’ailleurs se sont taillé la part du lion dans le marché de la diffusion. Elles sont diffusées en boucle, des classements de meilleurs tubes leurs sont d’ailleurs consacrés ; aussi il est loisible de constater que beaucoup de programmes ont comme habillages des extraits de musiques étrangères.

A l’analyse à ce jour, des artistes comme Dadju (France), Booba(France), Niska(France), Kérosène (Cote d’ivoire), Dj Arafat (Cote d’ivoire) sont des plus diffusés dans les médias audiovisuels outre les inconditionnels classiques que sont les slows français américains …. Les musiques signées par des artistes camerounais ne sont pas totalement absentes ; à bien y voir elles font office de figurants tant elles ne sont diffusées avec constance « que lorsque tu as des rapports particuliers avec un animateur, ou lorsque tu vois un présentateur d’émission et lui donnes un peu d’argent…voire quand il s’agit d’une promotion, Ndlr[ qui n’est
jamais gratuite] » nous a révélé Alain, un acteur de la musique depuis près de 11ans. Aussi a-t-il laissé entendre que l’ « on ne parle de nous gratuitement dans les médias que lorsque nous avons atteint le succès ailleurs ou quand nous sommes morts ». Faire jouer des productions des artistes camerounais est pourtant une obligation pour les entreprises du secteur de l’audiovisuel.

En effet selon le décret du 03 Avril 2000 du Président Paul BIYA fixant les conditions et les modalités de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle « toute entreprise de communication audiovisuelle est tenue de diffuser aux heures significatives, dans le cadre de ses programmes de musique, 60% de chansons camerounaises. » s’ils sont au courant de cette disposition, les patrons d’entreprise la piétinent proprement ou s’ils ne le sont pas, ils devraient d’ores et déjà l’observer en raison des nombreuses conséquences de la non observance de la Loi.

Si les artistes locaux bénéficiaient de 60% des parts de diffusion dans les programmes musicaux, on aurait moins des artistes pauvres et abandonnés à eux-mêmes. Le talent et la qualité des productions ne sont plus une garantie pour briller au Cameroun ; on aurait moins de salles de concerts vides pendant des concerts d’artistes, on aurait moins de musiciens qui ne perçoivent pas suffisamment des revenus au titre de droits d’auteurs sur leurs œuvres –la somme allouée étant liée à la fréquence de diffusion des chansons sur les antennes-. On avance sans doute vers la mort assurée de certains artistes et de certains rythmes musicaux de notre patrimoine culturel, du fait qu’ils soient portés par des créateurs impécunieux et pas soutenus. Il est donc urgent comme l’a indiqué Alain et bien d’autres artistes « que le Gouvernement siffle la fin de la récréation et que la loi soit respectée…Que les contrevenants soient punis ».

Le pouvoir central n’est, sans doute, pas sourd à ce cri d’alerte et ne se fera pas complice de cette injustice coloniale en restant davantage muet. Votre Site 237online va effectuer un monitoring dans les médias concernés pour apprécier avec précision le degré d’application de cette instruction.

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