Société

Cameroun : Des journalistes étrangers pris pour cible à Douala

Le journaliste algérien Mehdi Dahak et deux autres confrères de même nationalité ont risqué leur vie dans la nuit du 09 janvier, en allant chercher de quoi manger.

Ils sont venus au Cameroun pour un séjour de quatre semaines dans le cadre de la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, CAN TotalEnergies Cameroon 2021. Mehdi Dahak du journal DZFoot, Smaïl Mohamed Amokrane du journal Compétition et Mohamed Aïssani du groupe APS ont été pris pour cible par des malfrats à Douala, dans la nuit du dimanche 09 janvier 2021, le jour même du coup d’envoi de cette compétition continentale. Les trois journalistes algériens, qui doivent assurer la couverture médiatique de tout l’événement sportif, étaient sortis de leur hôtel, sis au quartier Bonapriso, non loin du lieudit Shell New-Bell, pour chercher de la nourriture. A environ dix mètres de leur hôtel, ils ont été tenus en respect par des hors-la-loi qui les ont dépossédés de leurs téléphones portables iphone, leur passeport et une somme de cinq mille euros équivalant à environ trois millions de F CFA.

Voici la déclaration faite par Mehdi Dahak au cours d’une édition de la matinale de forte audience à Radio Equinoxe à Douala : « Nous sommes allés manger et non pour boire dans une supérette. Nous sommes allés manger comme nous le faisions depuis trois à quatre jours que nous étions là (au Cameroun) ». La précision en vaut la peine, car le Comité d’organisation de la CAN (Cocan), dans son communiqué, a laissé insinuer que les victimes se trouvaient à proximité de la prison de New-Bell. Ce que les journalistes démentent. « Vous savez, le communiqué du Cocan nous a un peu étonnés, parce que nous ne sommes pas dans une prison. Nous sommes près d’une rue de la République, dans un quartier résidentiel. Les taxis viennent, il y a plein d’étrangers, d’européens. Nous sommes des Africains. En tant qu’Algériens, nous ne nous sentons pas comme des étrangers. Il y a des journalistes de l’AFP, des Russes, des Allemands, qui sont là, près de nous. On a l’impression que certains responsables essaient de se défausser. »

La police ne répond pas

Deux des victimes poignardées au couteau s’en sont tirées avec des blessures graves et ont été internées aux urgences de l’hôpital Laquintinie de Douala. Mehdi Dahak raconte qu’une fois les malfrats partis avec leur butin, ils ont appelé en vain le 117, qui est un numéro vert où tout citoyen camerounais et tout étranger en séjour en terre camerounaise peut contacter la police en cas de détresse. La police n’est arrivée que plus d’une heure de temps après selon notre confrère algérien. « Nous avons appelé plusieurs fois, mais personne n’a répondu. Nous avons même appelé le gérant de l’hôtel, qui n’est pas venu. C’est à partir de ce moment-là que nous avons dû contacter la délégation algérienne qui, elle, a une sécurité autour d’elle. C’est elle qui a interpelé la sécurité pour qu’elle vienne jusqu’à nous. Donc ça a duré plus d’une heure pour que la police intervienne, malheureusement. »

Le responsable de la communication de la délégation régionale de la Sûreté du Littoral, quant à lui, soutient que nos confrères n’ont pas appelé le numéro qu’il fallait. « On a les numéros des responsables pour la CAN, qu’on est en train de distribuer aux délégations. En cas de problème dans tel secteur, il y a un numéro qu’il faut appeler. C’est parce qu’ils n’avaient pas le bon numéro. Et s’ils étaient dans un hôtel de la CAF, ils devaient appeler le bon numéro. » La est l’autre problème posé. Toutes les parties prenantes de cette compétition, les journalistes et spectateurs étrangers compris, ont-ils les moyens nécessaires pour loger, pendant un mois, dans des hôtels hyper chics homologués par la CAF ? Encore que l’hôtel Y, où les trois confrères résident, est de gamme moyenne, situé en pleine ville, selon Mehdi Dahak. Deux vigiles de cet établissement hôtelier ont été interpellés dans le cadre de l’enquête ouverte par les services de sécurité.

Théodore Tchopa / 237online.com

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