Figure majeure du barreau et de l’opposition, Me Yondo Mandengue Black est annoncé décédé ce 16 octobre 2025 à Douala, selon plusieurs sources locales concordantes. Ancien bâtonnier et voix historique du multipartisme, il a marqué des générations par son franc-parler et ses combats pour les libertés. « C’était un repère, un vrai pilier », souffle un avocat du Littoral, encore sous le choc. Que restera-t-il de l’héritage politique et citoyen de Yondo Black dans un Cameroun en pleine tourmente électorale ?
✊ Décès Yondo Black : parcours d’un infatigable opposant
Avocat, ancien bâtonnier du Cameroun et militant de l’alternance, Yondo Black s’est imposé dès les années 1990 comme l’un des visages de la contestation démocratique. Son nom reste lié aux premières batailles pour le multipartisme et à la défense des libertés publiques. Jeune Afrique rappelait en 2020 « ses vérités » et sa constance face au pouvoir, malgré les coups reçus en près de quarante ans d’opposition.
Au barreau, il a exercé des responsabilités centrales (bâtonnier 1982-1986) et participé à la fondation de la Conférence internationale des barreaux. Le 6 juillet 2024, il devient premier avocat honoraire du Cameroun, reconnaissance rare pour une carrière entière au service du droit.
Côté politique, Human Rights Watch situe son rôle dans la vague prodémocratie de 1990, quand des militants voulant créer un parti alternatif furent arrêtés – épisode qui cristallise la « répression des voix dissidentes » et inscrit Yondo Black dans l’histoire du combat citoyen. Refworld
🗳️ Une voix qui pesait encore dans l’actualité
Jusqu’aux toutes dernières semaines, Yondo Black intervenait dans le débat public. À l’approche de la présidentielle d’octobre 2025, il a appelé l’opposition au boycott, dénonçant une « mascarade » électorale et la marginalisation de certains candidats. Plusieurs médias et publications ont relayé ces prises de position.
Son style direct, parfois tranchant, l’a rendu incontournable. Avocats, journalistes et militants saluent un passeur de témoin : l’homme formait, conseillait, écrivait, et publiait des essais sur la justice et la vie publique. Sa trajectoire, de Douala aux amphithéâtres internationaux, a nourri l’imaginaire civique d’une jeunesse encore en quête de repères.
🧭 Que signifie sa disparition pour l’État de droit ?
Le décès de Yondo Black ouvre une page d’interrogations. D’un côté, l’émotion nationale – « ce n’est pas du jeu ! » lâche un militant rencontré à Akwa – rappelle combien sa voix comptait pour l’État de droit. De l’autre, sa disparition teste la capacité des institutions et du barreau à pérenniser son héritage : indépendance de la justice, libertés publiques, formation des jeunes robes noires.
Sa vie résume, en creux, les défis actuels : garanties électorales crédibles, respect des droits, vitalité du pluralisme. L’histoire retiendra un juriste qui aura souvent conclu ses prises de parole par un sobre « J’ai dit ». Reste une question : qui portera désormais ce flambeau, sans trembler, au service du Cameroun ?