Après les élèves Commissaires le 15 janvier 2022, une semaine plus tard pour les élèves Officiers, les élèves Inspecteurs de police ont fait face aux épreuves écrites samedi dernier.
Si certains expriment leur satisfécit pour avoir bien aborder ces épreuves, d’autres ne cachent pas leur inquiétude pour le nombre de places très limité. Les concours directs à la fonction publique au Cameroun parviendront-ils à résoudre l’épineux problème de chômage ? Difficile de répondre à cette interrogation par l’affirmative. D’autant plus que la demande est toujours largement au déçu de l’offre.
C’est le cas du concours direct de recrutement de 370 élèves inspecteurs de police qui a fait courir plus de 15. 000 candidats dans la région du centre, répartis dans tous les grands établissements secondaires de la ville de Yaoundé pour passer les épreuves écrites. Au lycée Technique Industriel et Commercial Bilingue de Ngoa-Ekele par exemple, l’ambiance est à la rigueur. Tous ceux qui franchissent l’intérieur de l’établissement donnent leur numéro de salle à des personnes chargées de l’orientation dans les salles de composition. A l’entrée de chaque salle, chacun passe par le même rituel : identification et fouille systématique. Dans les salles, la concentration des candidats est à son comble.
Chacun attend de pied ferme la première épreuve qui n’est autre que la composition française. Les surveillants de salle indiquent aux postulants la conduite à tenir pendant le déroulement des épreuves, ceci à travers la lecture de la police des examens. Par la suite, les feuilles de compositions et les brouillions sont dispatchés aux candidats. A 30 minutes du début des épreuves, certains trainent encore dans la cour, alors que d’autres subissent la réprimande au secrétariat pour avoir jeté à l’oubliette leurs pièces officielles. « Il est inadmissible que vous oubliez vos récépissé
de concours de même que vos cartes nationales d’identité. Pourtant, la Direction Générale a pris le soin de vous envoyer des messages dans vos portables vous indiquant vos sites de composition, vos numéros de table et de salle sans oublier les pièces a apporté pour avoir accès à la salle de composition », blâme un Commissaire de police membre du secrétariat.
Entre satisfaction et inquiétude
Après les deux épreuves de composition inscrites à l’ordre du jour, le sentiment de satisfaction d’une mission accomplie fait le bonheur des candidats. Jean Marie Okala, visage décontracté, décrypte la manière dont il a traité le sujet de français. « C’était un sujet d’argumentation bien précis. On nous a posé la question de savoir si la diversité culturelle est un obstacle à l’intégration nationale. Il fallait tout d’abord démontrer les obstacles de la diversité culturelle, ensuite présenter les atouts de cette diversité culturelle pour l’intégration nationale », explique le candidat.
Pour la deuxième épreuve, l’Education à la Citoyenneté, le jeune candidat ne cache pas sa satisfaction et remercie sa mémoire d’éléphant qui lui a permis de conserver jusqu’ici certaines notions de la classe de 3eme. « L’épreuve était articulée sur 20 questions. J’ai fait montre d’une maitrise de la culture générale. Il n’y a qu’une seule question qui m’a donné des sueurs froides. Mais cela m’a permis de réaliser que ma mémoire a gardé plusieurs notions puisqu’il y a de cela 06 ans que j’ai eu mon Bepc », ajoute-t-il. Le nombre de candidats ayant présenté le concours provoque l’inquiétude. Ils sont nombreux qui ont remis leur destin entre les mains Dieu à cause des réalités mafieuses que connaissent les concours d’admission à la fonction publique. « Si ça ne dépendait que du mérite pour réussir ce concours, j’aurais le cœur tranquille. Nous connaissons tous que pour passer un concours dans ce pays il faut monnayer.
Cela nous inquiète tellement mais on laisse tout à Dieu. 370 places c’est très inadéquat pour un concours qui recense des milliers de candidats, il faut comprendre que ce sont les places en majorité déjà consignées », se désole un candidat dans les commentaires. Un surveillant, Commissaire de police, ayant requis l’anonymat, conjecture sur la probabilité de réussite d’un candidat ordinaire. « Pour un concours avec un nombre de candidat aussi exorbitant, les chances de réussite sont estimées à 0,0003% pour un candidat lambda.
Pour 30.000 candidats environ, il est probable d’avoir 600 admis », calcule-t-il non sans évoquer quelques critères d’admissibilité au concours. « Il y’en a qui vont sans doute passer ce concours grâce à des relations, d’autres devront compter sur leur note. Il faut avouer que ce sera difficile pour les candidats originaires de la Lékie si l’on tient compte de l’équilibre régional. Puisque seul ce département compte plus de 6.000 candidats », ajoute-t-il. La police camerounaise boucle le chapitre des concours de recrutement pour le compte de l’année 2022 avec les élèves Gardiens de la paix qui ont rendez-vous avec les épreuves écrites le 26 février prochain.
Jacques Armel Falcon BESSALA / 237online.com
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