Cameroun: Beignets, bouillie et bouillon… au menu

Vendeuse de Beignet

Bouillie, beignets haricot, beignets de blé, bouillon, sont des plats avec lesquels les musulmans du quartier Briqueterie à Yaoundé, rompent le jeûne.

Il n’est que 15 heures et pourtant, les tournes dos du long de la nouvelle route Briqueterie sont déjà prêts pour accueillir les clients. Ils n’attendent plus que l’appel à la prière pour rompre le jeûne. Tous les musulmans du Cameroun, ont commencé le Ramadan le vendredi 24 avril, avec un début de jeûne fixé à l’aube à 4h30 et une rupture le soir à 18h26. Attention, les heures changent en fonction des villes puisque c’est le lever et le coucher du soleil qui comptent. C’est le début d’un mois saint qui permet de régénérer l’organisme, à condition de manger correctement et donc d’éviter certains aliments. Ce samedi, est donc le deuxième jour.

Dans un happy brouhaha, les fidèles musulmans cassent le jeûne chez Hapsi, restauratrice à la nouvelle route Briqueterie au lieu-dit manguier. «Je commence à cuisiner très tôt pour être à l’heure. J’ai toujours vendu ici. Voilà pourquoi c’est facile pour moi de le faire. J’ai ma fille Safia qui m’aide à le faire. Tout est prêt depuis 14 heures. Au menu, j’ai de la bouillie qui est très importante pour rompre le jeûne. Car elle est très légère. Le petit bol coûte 100 Fcfa et le moyen 200FCfa. À côté, j’ai les beignets fait à base de farine de blé et des œufs pour la légèreté. Ça s’appelle le Waïna guéradé. Ça coûte 25Fcfa. Il y a également le beignet haricot, qu’on appelle le cosei. Il est fait avec le niébé et coûte 25Fcfa aussi. Mes clients prennent généralement la bouillie accompagnée de tous les beignets», affirme-t-elle. Juste à côté, les jeunes couturiers de l’atelier Barack Fashion, se servent à manger pour rompre le jeûne, car ils viennent d’entendre l’appel à la prière. «Aujourd’hui, l’appel à la prière, a eu lieu à 18h20. Les heures varient en fonction des jours. Demain, ça peut-être 18h26. Les années précédentes, nous étions nombreux.

Mais cette année, nous ne dépassons pas 25, car, nous respectons les règles édictées par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus. La nourriture pour casser le jeûne, n’arrive pas ici au hasard. Lorsque mes apprentis et mes collègues n’ont pas d’argent sur eux, je rationne. Sinon, souvent nous cotisons et nous remettons la somme obtenue à ma femme pour faire à manger pour tout le monde. Dans le cas contraire, nous passons la commande chez Hapsi, qui cuisine très bien», souligne Moussa Barack, styliste modéliste. Le Ramadan, quatrième pilier de l’islam, se doit de respecter les commandements et les règles religieuses. Les musulmans ont donc commencé ce mois saint qui permet de purifier son âme mais aussi son corps si l’on mange correctement et que l’on évite les excès pendant le suhur (repas pris avant l’aube) et l’iftar (repas du soir qui rompt le jeûne). Pourtant, tel n’est pas le cas chez tout le monde. Car, certains veulent rattraper la journée passée sans manger. «Comme c’était le premier jour hier, j’ai dû abuser avec la nourriture. En fait, toute la journée, j’ai eu très soif, contrairement aux années précédentes. Voilà pourquoi, dès que j’ai entendu l’appel à la prière, j’ai bu un litre de jus de brasserie. Après avoir mangé, j’en ai encore pris un. Raison pour laquelle, j’ai eu mal au ventre toute la nuit et toute la journée d’aujourd’hui, car j’ai exagéré avec la nourriture», déclare Ibrahim Moussa, moto taximan.

La difficulté concernant l’alimentation pendant le Ramadan c’est de respecter à la fois les besoins nutritionnels et les contraintes religieuses. Pour continuer à garder la forme pendant le mois saint, il est recommandé d’éviter de consommer trop de sucre. Car le sucre appelle le sucre et l’organisme va souffrir d’une sensation de manque pendant la journée. Il faut aussi éviter de rajouter des toxines inutiles pour le corps en mangeant trop gras ou en consommant des produits ultra-transformés ou chimiques (comme des plats tout prêts ou des bonbons). Car pendant la journée, période de jeûne, l’organisme va devoir s’épuiser à éliminer ces déchets, ces toxines supplémentaires, et la personne ne sera donc pas au top de sa forme.

Hermine Diguena

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