Cameroun – Au tribunal: le procès kafkaïen de Flash Ndiomo renvoyé au 15 décembre prochain

Justice insigne

Urbain Noël Ebang Mvé et ses témoins étant absents, l’audience du Dp du journal Le Zénith, n’a pas pu avoir lieu le 27 novembre.[pagebreak]L’audition du jeudi dernier au tribunal de première instance d’Ekounou, à Yaoundé, consistait à statuer sur la liberté provisoire du directeur de publication de Le Zénith d’une part, et sur la comparution des témoins du secrétaire général (Sg) du ministère des Finances (Minfi), Urbain Noël Ebang Mvé, d’autre part. Mais elle n’a pas pu se tenir à cause de l’absence de plaignant et ses témoins. C’est le lieu de rappeler que l’audience du 30 octobre n’avait pas aussi eu lieu et l’affaire avait été renvoyée pour le 27 novembre.

Ce 27 novembre donc, Flash Ndiomo visiblement diminué du fait des tortures dont il est l’objet, s’est présenté seul devant le juge dans cette affaire qui l’oppose à son meilleur ami, confident et complice de toujours et pour laquelle il est écroué à la prison centrale de Kondengui depuis le 20 octobre 2014, après avoir passé une semaine de garde à vue à la cellule infeste de la police judiciaire. Il y avait été convoqué sous le motif de «diffamation et diffusion des informations mensongères», après avoir publié dans son journal des informations relatives aux biens mal acquis d’Urbain Noël Ebang Mve. Ce dernier, voyant sa réputation entamée et surtout, voulant museler (définitivement) son ami qui s’apprêtait à tout mettre sur la place publique, avait alors sollicité le concours de ses proches, tant au niveau de la police que du tribunal, non sans, dit-on, «arroser» tout le monde. Le pauvre journaliste, face à la très grande force financière de l’autre, est allé, sans l’entendre, droit au gnouf, menotté, les yeux bandés, le droit derrière, le gombo devant, laissant sa femme et ses enfants seuls dans un milieu difficile, c’est-à-dire, à la merci de tous les dangers.

En plus de sa détention dans des conditions inhumaines, où le journaliste partage tout avec les détenus réputés des plus dangereux, le Dp du bimensuel Le Zénith craint pour sa vie. Des indiscrétions font état de ce que le 27 novembre,  Flash Ndiomo, alias beau gosse, a dit à la juge que «Je me retrouve en prison par la faveur du poste et de l’argent de Ebang Mvé», a-t-il soutenu.

Dans cet établissement carcéral, des réminiscences des conditions de la détention du Dp de Cameroun Express, Cyrille Germain Bibi Ngota (plus connu sous le nom de Bibi Ngota), mort là dans la nuit du 21 au  22 avril 2010, font un lien avec sa condition, car en proie aux menaces par personnes interposées que lui profèrent des tueurs professionnels que des mauvaises langues disent, sans fondements véritables, être proches de Ebang Mvé.

Il est à noter que le 27 novembre, avant même que Flash Ndiomo ne prenne la parole, son audience avait déjà été renvoyée pour le 15 décembre. Ce que Me Nsang Christian a qualifié de grosse honte pour la justice de notre pays. La raison du riche n’est elle pas la meilleure ?

Ousmane Shérif

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *