Politique

Cameroun – Assainissement: Le Minsanté intensifie la lutte

Après sa visite de nuit inopinée dans certains hôpitaux d’Ebolowa, le ministre de la Santé publique, Dr. Manaouda Malachie, a continué son opération coup de poing vendredi dernier avec des visites surprises dans des formations sanitaires illégales de la capitale.

De retour à Yaoundé, après un bref séjour dans la ville d’Ebolowa à l’occasion de la campagne nationale de lutte contre les hépatites virales, le Ministre de la Santé Publique n’a pas voulu s’arrêter là. Il a effectué des visites de contrôle et de vérification inattendues dans plusieurs centres de santé de la ville de Yaoundé, capitale du pays. Accompagner par le sous-préfet de Yaoundé III, Nestor Dym, et le délégué Régional du Centre Madame Charlotte Moussi, il était question de rappeler aux promoteurs des formations sanitaires exerçant sur le triangle national de se mettre en conformité avec les dispositions de l’arrêté N° 063/Cab/Pm du 18 juillet 2019, portant création, organisation et fonctionnement de la commission Mixte Nationale chargée de l’assainissement de la carte sanitaire.

Le premier centre sanitaire à recevoir la visite inattendue du Ministre de la Santé Publique a été le «cabinet des prestations sanitaires et de développement durable (Capresadd)» au quartier Jouvence, lieu-dit Descente épervier. Dr. Manaouda Malachie s’en va alors directement dans un entretien avec le chef des lieux, «comment est-ce que vous fonctionnez ici ?, est-ce que vous hospitaliser ici ?, avez-vous vos papiers ?» étaient alors les questions du Ministre de la Santé après l’inspection des lieux, du personnel. Ayant constaté que ce centre sanitaire ne devrait pas être opérationnel, le Ministre de la Santé Publique reproche alors au chef du centre tout en lui rappelant le danger de vie de ces patients que sème ce centre de santé. Le Minsanté va tout de même demander calmement à celui-ci d’arrêter d’être opérationnel et de vite rassembler ses documents de conformité portant création, organisation et fonctionnement et promet même d’accélérer le processus si celui-ci parvenait à respecter les demandes qui lui ont été faites, en lui rappelant que le papier déterminant d’un dossier du genre est un préalable, ainsi qu’une autorisation exerçante.

Le centre Capresadd n’était pas le seul centre dont on a reproché l’illégalité avec les situations des centres tels que « centre de santé maturité », au quartier Damas qui a été retrouvé avec des équipements de l’hôpital général de Yaoundé en sa disposition après que celui-ci ne soit pas dans les règles aussi. Le Ministre de la santé a directement réagit à ce cas en ordonnant que ce centre soit scellé sur le champ. Ce qui servira d’exemple à tout autre centre de santé. D’autres centres tels que «centre de santé émergence», «centre de santé la samaritaine», et «centre de santé Lamberto Ngonmeda» ont tous goûté à la censure vendredi dernier à cause de leurs pratiques illégales dans le cadre de la santé. Seuls les centres de santé Ste Gabriella et Nadel ont su échapper à la scellée.

Invité à faire le diagnostic de ces centres concernés, Madame le délégué Régional du Centre a bien voulu répondre à cela : « Les personnels de ces centres ne sont pas qualifiés, et font au-delà de leurs capacités », a expliqué Madame Charlotte Moussi. « Le paquet des soins est au-dessus du niveau de qualification que nous avons trouvés en place. C’est la vie des patients qui est en danger et les pharmacies de ces centres sont achalandées pour des structures de ce niveau. En plus de ça il y a des ventes illégales des médicaments », lâche alors le délégué régional du Centre.

Ce contrôle s’est terminé aux environs de 16h où le Ministre de la Santé Publique a bien voulu partager le bilan de cette visite : «Je tiens d’abord à rappeler que nous sommes dans un processus, il y a de cela 3 mois, j’avais rendu public un communiqué qui donnait au moins 3mois aux formations sanitaires pour se mettre en règle. Nous avons à cet effet mis en place un dispositif pour faciliter la régularisation de ces formations sanitaires », dit alors le Dr. Manaouda Malachie. «Je me suis débordé sur le terrain avec les autorités compétentes et je dois dire que j’ai eu beaucoup de surprises. Parce que les 7 formations sanitaires que je viens de visiter peuvent être classées en 2 ou 3 catégories. Il y a que les premières sont vraiment dangereuses pour les vies humaines, à celles-là nous avons demandé aux autorités de les fermer en attendent que ces personnes concernées puissent se mettre en règle. Il y a une deuxième catégorie de formation où nous pensons que les normes de détentions ne sont pas respectées.

Vous vous imaginez que vous allez dans une formation sanitaire, vous trouvez des lames à raser posées à même le sol, vous trouvez qu’on n’a prélevé le sang dans la seringue, je pense qu’il y a quand-même un minimum de normes qu’il faut respecter. Ces formations-là, nous avons demandé à leurs responsables de le garder fermer et de se laisser accompagner par le chef de district qui est madame le délégué régional», a souligné le Minsanté avant de conclure que : « Il y a aussi la 3 e catégorie où effectivement on peut admettre que ce soit ouvert. Mais ils n’ont pas des papiers, ils n’ont pas d’autorisation d’ouverture, à ceux-là, on a simplement demandé de se remettre à jour nous allons les accompagner. De toutes les manière, nous avons mis en place un dispositif spécial pour accompagner tous ceux qui veulent se mettre en règle».

Le Minsanté a tout de même voulu rappeler aux formations sanitaires clandestines que ses collaborateurs vont toujours surveiller chaque fois pour pouvoir accompagner ceux qui veulent exercer dans ce métier là et les aidez à se mettre en règle et avoir des cartes de centre pour exercer leurs métiers. Et a tout de même voulu rassurer que les descentes ne s’arrêteront pas là, « bien entendu, ce n’est qu’un début, puisque nous parlons d’un assainissement et nous avons plus de 2000 formations sanitaires. Moi-même et mes collaborateurs nous continuerons de descendre pour pouvoir sensibiliser et demander à ceux-là de se mettre en règle».

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Henri Mekana
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