Cameroun – Amchide : Deux kamikazes morts et 29 personnes blessées

Blessé lors d'un attentat

Deux kamikazes ont semé la panique au marché du village hier matin.

C’était un lendemain de fête douloureux hier à Amchide. Vers 7h40, alors que le marché grouillait de monde, une dame a attiré l’attention d’un commando de l’opération Alpha. Elle essayait de faire détonner une ceinture explosive. L’engin de fabrication artisanale n’a pas explosé malgré que la candidate à l’attentat suicide essayait de le déclencher. Le militaire qui était de patrouille a abattu la terroriste d’un tir. Mais, elle n’était pas seule. Alors que la foule s’égayait dans tous les sens pour fuir l’endroit où la femme a été abattue, une deuxième détonation plus forte a retenti. Une deuxième kamikaze dissimulée dans la foule venait de faire exploser sa charge. Elle est morte sur le champ. 29 personnes ont été blessées par le souffle de la bombe elles ont été prises charge par les équipes locales de Médecins sans frontières (Msf). Après un premier examen, les humanitaires ont fait évacuer les 16 personnes les plus grièvement atteintes dans leur centre de Mora. Là-bas, trois blessés dont la gravité des cas nécessitait de lourdes interventions chirurgicales ont été transférés à l’hôpital régional de Maroua par Msf.

L’attentat d’hier matin est survenu le lendemain d’une fête. Des associations «humanitaires» avaient organisé des danses à Amchide attirant au sein du village des personnes venues de divers horizons. A en croire les banderoles des organisateurs, les habitants de Amchide devaient célébrer le retour du calme et le très politique «vivre ensemble». Pourtant, depuis le début du mois, tous les observateurs sont d’accord pour dire que la situation sécuritaire s’est dégradée dans l’État nigérian du Borno, fief de Boko Haram. Entre le 07 et le 10, la bande de Abubakar Shekahu a attaqué des bases de militaires nigérians à Ngoshe, Gambarou ou Damboa, donc souvent sur la frontière (Gambaru/Fotokol le 8 novembre). On leur a même reconnu des incursions en territoire camerounais pour des opérations de prédation chaque fois repoussées par la réactivité des militaires camerounais. Ces derniers ainsi que de nombreux observateurs n’ont de cesse de dire que la secte islamiste n’est pas totalement défaite. Mais les politiques de tous les pays où elle a sévi veulent célébrer leur victoire. Leur attitude provoque une baisse de vigilance tant chez les populations que chez les forces de sécurité et de défense.

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