Cameroun – Accidents de la circulation: le bien-fondé de la prévention routière

Un accident sur l'axe Yaoundé Bafoussam

D’après de nombreux avis, la campagne de sensibilisation et de répression déployée sur nos axes routiers, de jour comme de nuit, par la gendarmerie, mérite plus que d’être jamais soutenue.Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics pour réduire l’ampleur des hécatombes, l’on compte encore des morts sur la voie publique. En effet, en une semaine, près de 50 morts ont été enregistrés sur les principaux axes routiers du Cameroun. Le 8 février dernier, on déplorait sur l’axe Yaoundé-Mbalmayo, une quinzaine de morts. Deux jours plus tard, c’est l’axe lourd reliant Yaoundé à Douala qui va s’illustrer par une autre tuerie. Et c’est à se demander ce qui pourrait justifier cette série de morts sur nos routes du fait des accidents de la circulation, au moment où la campagne de prévention mise en œuvre par Jean Baptiste Bokam, Secrétaire d’État à la défense (Sed) chargé de la gendarmerie, fait preuve de toute son efficacité sur le terrain.
Il est toutefois une certitude : le nombre d’accidents en un an, connaît une baisse de plus de 50%. C’est que le dynamisme de la gendarmerie, aura non seulement permis au trésor public d’engranger d’importantes dividendes, mais surtout d’éviter à de nombreuses familles, des deuils insensés naguère recensés au kilomètre de nos grandes routes. On l’a encore noté avec satisfaction pendant les périodes de fêtes (noël, nouvel an), ou lors des congés et vacances scolaires.

Vigilance
Qu’on ne s’y trompe pas, passé ces périodes où on assiste très souvent au Cameroun à une augmentation de la demande de transport interurbain, les opérations de sensibilisation et de répression des bérets rouges sont restées permanentes sur nos routes. Sur le terrain, on les voit de jour comme de nuit, sans relâche, s’attaquer aux excès de vitesse, aux surcharges, à l’état vétuste des automobiles, au phénomène d’ébriété, et à celui de transport clandestin que d’aucuns préfèrent appeler clando. Ainsi grâce aux radars et autres moyens de contrôle moderne, les axes desservant Yaoundé-Douala-Bafoussam (surnommés le triangle de la mort) et inversement, sont devenus de plus en plus des moyens de communication et non de mort. Dans la même lancée, un point d’honneur est fait sur le phénomène de la corruption aux différents check-points. Désormais, c’est tout le monde qui doit se conformer aux normes de sécurité.
Cependant, de manière soutenue, un accent est mis sur les grands axes, notamment Bafoussam-Yaoundé-Douala. La raison ? Au Cameroun, 75% de la demande de transport interurbain est concentrée dans trois régions : le Centre (Yaoundé), le Littoral (Douala) et l’Ouest (Bafoussam). Ces régions jouent un rôle prépondérant dans l’économie du pays. Selon les statistiques, le chiffre d’affaires moyen sur le triangle «Yaoundé – Douala – Bafoussam» est estimé à 35,8 milliards de francs Cfa sur la période 2005-2013, soit une croissance annuelle de 5%.
Du coup, dans un secteur libéralisé et donc fortement concurrentiel, de nombreux observateurs estiment avec une bonne dose de lucidité qu’il faudrait, comme c’est le cas avec la nébuleuse Boko Haram, une mobilisation républicaine qui englobe toutes les couches socio-professionnelles et les partis politiques pour soutenir les administrations en charge de la prévention routière, engagés dans la lutte contre l’insécurité sur la voie publique. « Si tout le pays se mobilise pour soutenir l’armée et pour soutenir la population qui fait l’objet des attaques de Boko Haram, pourquoi ne le ferait-on pas pour limiter les hécatombes sur nos routes ? », propose d’ailleurs un usager de la route, qui par ailleurs souhaite l’intensification de la sécurité routière, aujourd’hui considérée comme une action de salut public, surtout que la peur du gendarme commence véritablement à s’installer dans nos habitudes. Malgré le sentiment de relâchement éprouvé ces derniers temps par les populations.

Mamouda Labaran

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