Auditeurs libres : Révolution ou régression pour les ENS camerounaises?

ENS

Le système éducatif camerounais est actuellement face à un tournant potentiellement majeur. Les Ecoles Normales Supérieures (ENS) semblent prendre une nouvelle direction en ce qui concerne l’intégration et la formation des futurs enseignants du pays.

L’attrait des auditeurs libres au Cameroun

Comme récemment mis en évidence, certaines ENS du Cameroun, telles que celles de Bertoua et Bambili, ont ouvert leurs portes à des auditeurs libres. Cela signifie que ces établissements sont prêts à former des étudiants sans passer par le traditionnel processus de concours, une étape autrefois considérée comme cruciale pour garantir la qualité de l’enseignement.

La décision a suscité de nombreuses interrogations, surtout lorsque l’on considère les tarifs attractifs proposés. Par exemple, à l’ENS de Bertoua, un auditeur libre paierait quatre fois le montant d’un étudiant admis par concours. Est-ce une stratégie pour générer des revenus supplémentaires pour ces institutions ou y a-t-il une réelle valeur ajoutée pour les étudiants?

Les défis à relever pour l’avenir de l’éducation au Cameroun

Les implications de ces actions sont vastes. Premièrement, il y a le risque que la qualité de l’éducation décline si les critères d’admission ne sont pas strictement respectés. Deuxièmement, si ces auditeurs libres ne sont pas par la suite intégrés dans le système éducatif camerounais, cela pourrait entraîner une augmentation du chômage parmi les jeunes diplômés, exacerbant ainsi les défis socio-économiques auxquels le Cameroun est déjà confronté.

Le site 237online.com a régulièrement mis en évidence les problèmes que rencontre le système éducatif camerounais. Il est essentiel de se demander si les ENS sont en train de s’orienter vers une voie qui pourrait à long terme nuire à l’avenir de l’éducation dans le pays.

Un appel à la réflexion

Il est impératif que le gouvernement camerounais et les responsables des ENS considèrent les implications à long terme de ces actions. L’éducation est un pilier central de toute nation, et tout compromis sur sa qualité pourrait avoir des répercussions durables sur l’avenir du Cameroun.

Chaque étape, chaque décision prise aujourd’hui, façonnera l’avenir de nos enfants et des générations à venir. Espérons que les actions d’aujourd’hui ne compromettent pas les rêves de demain.

Jean-Pierre Mbaku, 237online.com

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