Athlétisme camerounais : désordre sur la piste

Les XIIèmes championnats du monde d??athlétisme ont pris fin dimanche dernier à Berlin en Allemagne. La compétition a consacré une fois de plus les Etats-Unis qui confirment leur main mise sur la mère des disciplines sportives. Les athlètes américains ramènent vingt-deux médailles à la maison. S??ils ont dominé la compétition, les Etats-Unis ont néanmoins été bousculés par la

Jamaïque dans les épreuves de sprint et le Kenya dans les courses de fond. La présence de trois pays africains (Kenya, Ethiopie et Afrique du Sud) dans le « top 10 » témoignent de la relative vitalité de l??athlétisme africain, mieux classé que l??Europe. A Berlin, le drapeau du Cameroun n??a pas flotté. L??hymne national n??a pas résonné. Le pays est passé complètement inaperçu en Allemagne. Sur les trois athlètes préalablement engagés par la Fédération camerounaise d??athlétisme à cette compétition, deux d??entre eux ont effectivement effectué le déplacement. Hugo Mamba aligné dans le triple saut messieurs et Carole Kaboud (400 m haies) ont été éliminés d??entrée de jeu. Françoise Mbango, double championne olympique, sur laquelle reposaient les réels espoirs de médaille, était absente des Mondiaux. Les raisons de son forfait n??ont pas encore été élucidées. Injoignable depuis quelques semaines, Françoise Mbango reste fidèle à sa réputation : celle d??une athlète surdouée mais imprévisible. La Fédération camerounaise d??athlétisme qui peine à imprimer sa marque semble impuissante devant cette situation, se contentant de subir les évènements là où on attendait qu??elle prenne les devants. Le fiasco de Berlin constitue un motif légitime d??interpellation et d??interrogations. Commençons par les plus lancinantes. L??équipe nationale d??athlétisme existe-t-elle ? Si oui, comment travaille-t-elle ? Avec quels moyens ? Comment s??opère la sélection des athlètes ? Quels sont les pouvoirs des entraîneurs nationaux ? Les explications du très débonnaire Michel Nkolo, directeur technique national n??éclairent pas totalement la lanterne. On se rend compte que dans les milieux de l??athlétisme camerounais, c??est presque la cour du roi Pétaud où chaque athlète en fait à tête. A Berlin, il y avait plus d??officiels et d??encadreurs (une dizaine) que d??athlètes (2). Il y a donc un problème de gouvernance. Certains travaillent avec leurs entraîneurs personnels, ignorant ainsi superbement les techniciens nommés par le MINSEP, censés encadrer le mouvement sportif. Conséquence de ce désordre constaté sur les pistes : l??athlétisme camerounais accuse un net recul. La discipline est en perte de vitesse malgré l??immense potentiel dont il est crédité. A quelques jours des Jeux de la Francophonie, à une vingtaine de mois des Jeux africains et à trois ans des Jeux Olympiques de Londres, il est plus qu??urgent que les athlètes camerounais se remettent au travail. Bien évidemment, la Fédération camerounaise d??athlétisme a un rôle important à jouer dans ce vaste chantier. Elle est appelée à donner le ton de l??action. C.T pose le diagnostic. L??athlétisme camerounais est en bout de souffle.
Brice MBEZE, Cameroon Tribune

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