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Archives: SENFO TONKAM le jeune étudiant qui a failli rendre fou le terrible Fochivé !

S’il y a un homme qui a tenu tête à Jean Fochivé, c’est bien SENFO TONKAM.

Jeune étudiant et leader du parlement estudiantin au débuts des années 1990, SENFO TONKAM a été enfermé à 2 reprises dans les geôles du sinistre Fochivé. Et à chaque fois la confrontation entre les deux hommes a été électrique.

Voici le petit récit d’une confrontation entre les deux hommes.

Nous sommes au début des années 90 en pleine période des villes mortes et de la désobéissance civile ; SENFO TONKAM a été interpellé par les sbires de Fochivé, il lui est reproché d’haranguer les étudiants, de les politiser, d’être proches des opposants. Le jeune garçon est kidnappé et amené, menotté dans la salle de torture de Fochivé au CENER de triste réputation. Fochivé se met à le sermonner, à lui faire la morale. Fochivé croyait pouvoir briser et intimider le jeune SENFO comme il savait si bien le faire ; mais c’était très mal connaitre le bouillant SENFO TONKAM.

Fochivé était connu pour son fameux regard torve qui tétanisait ceux sur qui il le jetait. Et lorsqu’il auditionnait un prisonnier dans sa salle de torture, il le fixait de son regard torve comme un lion fixant sa proie. Plusieurs prisonniers sortis d’une séance de torture avec Fochivé ont affirmé que l’homme s’était transformé en lion durant la séance. Mais on n’a jamais pris cela au sérieux, on mettait généralement cela sous l’effet des séquelles de la torture. Néanmoins Fochivé était surnommé « le lion » par son entourage proche car il se disait qu’il se transformait en lion et errait dans les rues de Foumban la nuit tombée. Plusieurs villageois de Foumban ont dit avoir aperçu un lion errant et entendu des rugissements de lion lorsque Fochivé se rendait au village les week-ends.

Lorsque Fochivé était dans les parages, la consigne était claire dans la ville de Foumban et ses alentours : Interdit de trainer dans la ville à des heures tardives de la nuit.

Fochivé fixe SENFO TONKAM après l’avoir torturé, il veut briser ce jeune étudiant. Lui faire perdre l’envie de tout engagement politique. Contre toute attente SENFO TONKAM malgré la menace d’une torture plus violente, fixe Fochivé droit dans les yeux et répond intelligemment et arrogamment à toutes les réprimandes du père FOCH. Confronté à l’effronterie de SENFO TONKAM, le lion entre dans une colère noire et se met à rugir.
Jamais on n’avait vu Fochivé dans cet état. Dans sa colère, il lâche ceci : « cet enfant est soit fou ou alors il ne me connait pas bien ». Malgré cela, SENFO est de marbre et dit être habité par l’esprit de ses ancêtres Um Nyobè, Felix Moumié, Ernest Ouandié. En effet, SENFO a une rancœur profonde contre Fochivé, il avait appris que Fochivé s’était chargé personnellement de la torture d’Ernest Ouandié. SENFO est décidé à venger OUANDIE.

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Pour une fois Fochivé est choqué de savoir qu’il n’arrive pas à faire peur, cela ne lui était jamais arrivé. Fochivé finit par conclure que : « Cet enfant est fou ! Mais je vais le traiter ! Il ne me connait pas ! ».

SENFO TONKAM est sauvagement torturé mais il n’en démord pas ; il refuse de se compromettre. Devant tant de ténacité, Fochivé décide d’en faire son prisonnier politique ; « un prisonnier de droit commun » dit-il. Le Bâtonnier Charles Tchoungang va se constituer pour défendre SENFO TONKAM. La réputation du jeune téméraire ira jusqu’au palais présidentiel et Paul Biya lui-même enverra la hiérarchie sécuritaire demander à SENFO TONKAM ce qu’il veut exactement.

On ne pouvait pas assassiner SENFO car l’alerte avait été donné par les organisations de défense des droits de l’homme sur le plan national et international. Malgré la pression de la haute hiérarchie sécuritaire et les tortures psychologiques, SENFO TONKAM réussit à retourner l’affaire en sa faveur et prend l’ascendant psychologique sur eux. A coup de phrases ironiques, TONKAM attise leur fureur au point où ils décident d’arrêter l’interrogatoire TONKAM est placé à l’isolement pendant plusieurs jours. Blessé dans son orgueil, Fochivé est déterminé à ne plus lâcher SENFO TONKAM malgré les pressions nationales et internationales.
Lapiro de Mbanga en personne a rencontré Fochivé pour négocier la libération de SENFO TONKAM. Voici la teneur de leurs échanges tels que relatés dans le livre biographique écrit sur Fochivé.

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Lapiro de Mbanga : Je pourrais par exemple négocier la libération de SENFO TONKAM et les autres étudiants qui ont été arrêtés par les forces de sécurité.

Fochivé : Maître Tchoungang est sur cette affaire mais je doute fort qu’il réussisse à nous convaincre de libérer SENFO TONKAM. Ce garçon, je ne sais pas qui le manipule, mais il est autre chose qu’un simple meneur d’un mouvement estudiantin. C’est un terroriste. La nature criminelle de son activisme fait de lui un parfait prisonnier de droit commun. Si je dois obtenir la libération de SENFO TONKAM, il faudrait que monnaie d’échange équilibrât la balance

Lapiro : Par exemple ?

Fochivé : L’arrêt des opérations villes-mortes et désobéissance civique.

Lapiro : Ce sera trop cher payé, va encore pour l’opération villes-mortes que je n’ai pas personnellement soutenue.

Avec les pressions internationales et la tournure prise par l’opération villes-mortes, SENFO TONKAM sera finalement libéré. Mais Fochivé ne lâchera pas l’affaire ; le lion ne lâche jamais une proie qui l’a humilié, il enverra un certain Daniel EBALE ANGOUNOU pour éliminer SENFO TONKAM dans le collège où celui-ci s’était retiré à MAKAK et y dispensait des cours d’Histoire et de Philosophie.
Je raconterai dans les prochains épisodes les tentatives d’assassinat manquées contre SENFO TONKAM dont celles de ce fameux Daniel EBALE ANGOUNOU ; qui plus tard écrira un livre pour relater sa relation avec Paul Biya : « Paul Biya, le cauchemar de ma vie ou confession d’un faussaire »

SENFON TONKAM n’a rien perdu de sa verve et de son engagement pour l’Afrique. Il vit aujourd’hui en Allemagne et est un partisan déterminé pour le panafricanisme. Il a organisé et dispensé plusieurs formations et conférences sur le panafricanisme, la force de de nos valeurs ancestrales africaines ; il est convaincu qu’il retournera un jour en Afrique. Afrique qu’il appelle « Kemet ».

AROL KETCH

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