Sport

Affaire Lfpc-Fécafoot: Le Tas rétablit Semengue dans ses droits

Dans une sentence arbitrale rendue publique hier lundi 14 septembre, le Tribunal arbitral du Sport déclare «illégale» la suspension de la Ligue de football professionnel du Cameroun par la Fédération camerounaise de football.

Quelques flutes de champagne pour arroser du saumon fumé ou des grillades. Des verres de vin, de limonade ou du whisky de qualité supérieure. Des toasts pour célébrer la victoire (méritée). C’était jour de fête hier dans le camp des partisans de la Lfpc et non moins affidés du général Pierre Semengue. Et pour cause, le verdict du Tribunal arbitral du Sport (Tas) dans l’affaire qui oppose l’instance chargée de la gestion du football professionnel au Cameroun à la Fécafoot, est tombé en fin de matinée. La haute juridiction du sport basée à Lausanne trouve illégale la suspension de la Lfpc depuis le 18 octobre 2019.

Elle indique par ailleurs que cette suspension prend fin à la date de ce jour (hier Ndlr). Aussi, la Fecafoot est tenue de verser la somme de 5000 Chf (Cinq mille Francs Suisses), soit un peu plus de 3 millions Fcfa à la Lfpc, «à titre de contributions à ses frais de procédure et d’avocat», peut-on lire dans la sentence arbitrale d’une trentaine de pages, rendue publique par le juge unique Pascal Pichonnaz et surabondamment répandue sur la toile quelques heures seulement après.

Coup d’Etat

C’est l’apothéose d’un long feuilleton mélodramatique qui a démarré le 22 août 2019, lorsque la Fecafoot a suspendu la Lfpc pour la remplacer par un Comité technique transitoire (Ctt), au cours d’une réunion de son Comité exécutif qui s’était tenue le 3 septembre 2019. C’est ce Ctt qui devait dorénavant organiser les championnats Elite One et Elite Two. La Lfpc avait été accusée de «violation grave et réitérée de ses obligations». Pour justifier ce « coup d’Etat » contre la Ligue, Mbombo Njoya et ses camarades du Comité exécutif citaient pêle-mêle, une crise de confiance profonde entre la Lfpc et la majorité des clubs professionnels à laquelle vient se greffer « le non-respect récurrent des dispositions statutaires de la Ligue liées au mauvais fonctionnement des organes à l’instar de la non tenue des Assemblées générales, de même que l’inexistence des règles de procédures budgétaires et financières ; l’inexistence d’un organigramme et d’un plan cohérent de gestion des ressources humaines favorisant des pratiques peu orthodoxes ; la remise en cause répétée de la tutelle de la Fédération et de ses prérogatives ; l’opacité dans la gestion des subventions allouées par l’Etat et la Fécafoot marquée par l’inexistence des comptes d’emploi, l’incapacité à générer des ressources propres »

Requête

Pire, les « bourreaux » de Semengue pointaient également un doigt accusateur sur le départ de tous les sponsors et partenaires légués par la fédération (Mtn, Camrail) ; le manque d’intérêt des télévisions capables d’acquérir des droits ; un format des compétitions fluctuant chaque année faisant passer le nombre de clubs tantôt à 14, tantôt à 18 ou même à 20 ; une dette locative inexplicable de quatre années d’arriérés de loyer ; la perte de compétitivité de nos clubs sur la scène continentale du fait d’une organisation approximative des compétitions. Comme sur un air revanchard, le Comité exécutif de l’instance faîtière du football camerounais s’insurge de ce que pendant que l’Assemblée générale de la Fécafoot, réunie le 26 juillet 2019 et s’appuyant sur des recommandations du Comité ad hoc chargé de réfléchir à la réforme de la Lfpc, balisait la voie pour une restructuration en profondeur, « une violente campagne médiatique s’est engagée contre la Fécafoot, conclue par un recours à la Chambre de conciliation et d’arbitrage pour attaquer les résolutions de l’Ag ». Suffisant pour administrer le coup de grâce.

Lire aussi
Bras de fer LFPC-FECAFOOT : le Ministre des Sport et de l’éducation Physique prend position

Choquée, la Ligue avait fait appel à la Chambre de conciliation et d’arbitrage (Cca) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) ; laquelle a jugé «irrecevables» les requêtes de conciliation et d’arbitrage de la Lfpc. C’est après épuisement des voies de recours internes, que la Lfpc a décidé de saisir le Tas le 18 février 2020. La Ligue contestait sa suspension actée lors du comité exécutif du 3 septembre 2019.

Il aura fallu attendre sept mois de procédure pour avoir le verdict de la haute juridiction de sport. La Fécafoot, elle, dit avoir pris acte de la sentence mais attend de la soumettre à la haute appréciation de l’assemblée générale. Vers un nouveau bras de fer ? Just wait !

Lire aussi
New Star lance un recrutement massif de joueurs : cette décision fait suite à sa réhabilitation en Elite One par le TAS

Christian TCHAPMI

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page