237online.com

L'ouverture sur le Cameroun

Affaire Bopda : le Barreau du Cameroun réclame l’ouverture d’une enquête

Herve Bopda 1

Alors que les témoignages accablants pleuvent sur les réseaux sociaux, le Barreau du Cameroun est monté au créneau ce mercredi 25 janvier dans l’affaire Bopda. Dans un courrier adressé au procureur de la République, l’institution appelle à l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur les graves accusations de viols et séquestrations visant le rappeur camerounais.

Une « dénonciation » du Barreau pour que justice soit rendue

C’est par le biais d’une « dénonciation » officielle que le Barreau du Cameroun a décidé de réagir au scandale Bopda, du nom de cette star du hip-hop camerounais éclaboussée depuis 15 jours par des accusations glaçantes de viols, séquestrations et actes de barbarie.

Dans un courrier daté du 25 janvier et adressé au procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Yaoundé, la Commission des Droits de l’Homme et des Libertés du Barreau se fait ainsi le relais des nombreuses victimes présumées.

Elle y liste les différents chefs d’inculpation qui pourraient être retenus contre Frank Mballa, alias « Bopda » : « outrage à la pudeur, harcèlement sexuel, viols, menaces, séquestrations et violences sur plusieurs victimes ».

Avant de conclure sans détour : « La Commission vous saisit aux fins d’ouverture d’une enquête pour que le suspect soit traduit devant les juridictions compétentes afin que justice soit rendue conformément à la loi ».

Kamto s’indigne du silence coupable du gouvernement

Une prise de position courageuse, deux semaines après les premiers témoignages accablants sur le mur Facebook du lanceur d’alerte et activiste NZui Manto.

Des révélations qui avaient déjà fait réagir de nombreuses personnalités, à l’image de Maurice Kamto. Dans un communiqué cinglant daté du 25 janvier, le leader du MRC s’était indigné du silence coupable du gouvernement sur cette triste affaire.

Avant de sommer les autorités « à agir vite, soit pour disculper les personnes gravement mises en cause, soit pour les punir de façon exemplaire ».

60 plaintes pour viols et séquestrations

Sur les réseaux sociaux en effet, la parole se libère à grande vitesse. En l’espace de deux semaines, pas moins d’une soixantaine de plaintes pour viols, tortures et séquestrations ont déjà été recensées à l’encontre de Frank Mballa.

Malgré l’anonymat des victimes présumées, still témoignages concordants et effroyablement détaillés qui laissent peu de place au doute.

Pourtant, force est de constater que le ministère public tarde encore à donner suite. D’où l’impatience d’une partie de la société civile camerounaise, avocats en tête, de voir s’ouvrir au plus vite une enquête judiciaire sur cette scandaleuse affaire aux centaines de victimes présumées.

La présomption d’innocence bafouée ?

Seul bémol dans la gestion de ce dossier brûlant : le peu de cas fait du sacro-saint principe de présomption d’innocence. Sur les réseaux sociaux, Frank Mballa est déjà jugé coupable sans qu’aucune enquête indépendante n’ait confirmé la véracité des accusations.

Une justice expéditive peut-être compréhensible au regard de la gravité extrême des faits dénoncés. Mais qui ne saurait constituer une fin en soi. Seule une instruction judiciaire impartiale permettra de faire toute la lumière sur cette troublante affaire.

Quitte à ce que la vérité judiciaire ne coïncide pas forcément avec la vérité des réseaux sociaux…

Auteur : Célestin Sewa pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *