Un porteur de sac

Vie chère au Cameroun : Un sac de riz de 25 kg pour tenir jusqu’à la fin du mois

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Femme de ménage, Monique Ndouta a sa formule pour atteindre les fins du mois.

Le visage serré, les larmes dégoulinantes, la petite Aline est allongée sur le sol. Elle tourne et se retourne. A la question de savoir pourquoi pleure-t-elle ? Elle répond, la voix triste : « J’ai faim. J’ai juste mangé deux beignets de 25 fcfa le matin ». Il est presque 11 h, le samedi 02 juillet. Aline doit attendre le retour de sa maman dans la soirée pour avoir de quoi manger. Mère de trois enfants, Monique Ndouta travaille comme femme de ménage. Abandonnée par le père de ses enfants, la jeune femme se débrouille de son mieux pour les nourrir.

Avec la hausse des prix sur le marché, Monique Ndouta vit un calvaire , comme le mentionne elle-même. « Avec un salaire de 40.000 fcfa, qu’est-ce que je peux bien faire ? Par jour je me retrouve à 2000 à 2500 fcfa de dépenses pour faire à manger. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La tasse d’arachides est à 150 fcfa, l’huile à 1600 fcfa, c’est vraiment difficile pour moi », se lamente t-elle. « Je dois m’occuper de mes enfants, payer le loyer et subvenir à tous les autres besoins, vous comprenez la difficulté qui est la mienne. Je peux jongler certaines fois , je ramène un peu de nourriture de mon lieu de travail et nous complétons. Les produits alimentaires sont très chers mais nous n’irons pas voler. Nous faisons avec nos moyens », ajoute-elle. Pour prendre soin de sa famille, acheter un sac de riz de 25 kilo suffit à cette ménagère. « Lorsque j’ai mon riz, je peux le faire cuire à tout moment avec de l’huile rouge, du sel et des oignons.

C’est ainsi que je fonctionne pour ne pas avoir à demander de l’aide ou à mendier ». Tous les matins, Monique Ndouta achète les beignets de 200 fcfa qu’elle se partage avec les enfants avant d’aller à son travail. Martin, son premier fils, Monique l’a initié au commerce pour préparer sa rentrée scolaire. « Je lui ai acheté un sac de sel. J’ai fait des paquets de 100 fcfa qu’il vend au marché Etoudi tous les jours. C’est une aide, bien qu’il soit encore tout -petit pour ce genre d’activité. Il se distrait aussi et ne ressent pas très vite la famine. Pendant les vacances, les enfants mangent beaucoup », explique la femme de ménage. Les trois repas de la journée n’existent pas dans le langage de Monique Ndouta. Pour elle, le plus important est d’avoir de quoi se mettre sous la dent. « Je ne peux pas me permettre d’acheter un kilo de viande à 3500 fcfa.

Avec cette somme, j’achète un ou deux paquets de Tegue à 600 fcfa, l’arachide de 600 fcfa, le seau de 5 l de maïs pour faire du couscous. Cela me fait une grande marmite de nourriture même pour 3 jours », raconte -t-elle. « On mange entre 16-17 h pour attendre le lendemain et ainsi de suite », explique-t–elle. Pour cette année, Monique Ndouta a refusé d’accueillir des vacanciers , faute de moyens financiers. « Même la banane qui était vendue à vil prix ne l’est plus aujourd’hui. Les légumes, il faut avoir le courage pour s’intéresser à eux. Le paquet de pkweum qui était à 150, 200 fcfa coûte désormais 500 fcfa. Nous ne savons plus quoi cuisiner pour que les enfants puissent manger à leur faim. La qualité et la quantité sont deux aspects auxquels on ne pense plus », s’indigne la dame.

Marie Laure Mbena et Hilary Sipouo / 237online.com

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