Le marché Acacia de Yaoundé vit des heures troubles depuis une vaste opération de contrôle menée le 24 janvier par des agents du Ministère du Commerce. Près de 500 commerçants ont reçu des notifications d’amendes souvent très salées, pour non respect de la réglementation. Une situation explosive que le délégué départemental du Commerce tente de désamorcer, non sans rappeler aux opérateurs économiques leurs devoirs citoyens.
Des amendes allant jusqu’à 200 000 FCFA pour les commerçants
C’est peu dire que l’ambiance était électrique ce mercredi 25 janvier au marché Acacia, dans le quartier populaire de Biyem-Assi à Yaoundé. La cause de ce climat délétère ? Une vaste opération menée la veille par des agents du Ministère du Commerce, visant à sanctionner des pratiques commerciales illégales.
Bilan : des centaines de commerçants ont reçu dans leurs échoppes des notifications d’amendes parfois très salées. « L’amende s’élève à 100 000 FCFA pour défaut d’information sur les tarifs et ventes sans factures » témoigne une boutiquière sous le choc. Des sanctions similaires pour des motifs identiques ont été infligées à plus de 400 autres vendeurs, avec des montants variant de 30 000 à 200 000 FCFA selon la gravité des entorses constatées.
Face à ces sanctions jugées arbitraires et aux convocations répétées qui pleuvent depuis fin 2023, la colère gronde au sein des opérateurs économiques du marché Acacia. « On paye nos impôts, on a fait nos facturiers comme demandé, mais malgré ça ils nous sanctionnent sans raison et ne donnent même pas de reçus quand on paye » s’insurge un commerçant.
Le délégué départemental du Commerce appelle à répondre aux convocations
Des accusations graves que tente de désamorcer Joseph Pierre Zambo Manga, le délégué départemental du Commerce dans le Mfoundi. Dans un entretien accordé le 26 janvier, ce dernier clarifie le déroulement des opérations de contrôle et le bien-fondé des sanctions prises à l’encontre des fraudeurs.
« Il ne faut pas tomber dans le piège de la singularisation. La loi a une portée générale, tout commerçant doit informer ses clients des tarifs et fournir une facture au-delà de 10 000 FCFA d’achat » rappelle ainsi M. Zambo Manga.
Avant de conseiller aux opérateurs mécontents : « Je leur demande de revenir à l’esprit citoyen et de répondre aux convocations. On examine tous les dossiers et on classe même la majorité d’entre eux après vérification ».
Preuve s’il en faut que le dialogue reste possible entre commerçants et autorités, à condition que chacun fasse un pas vers l’autre. Car si des pratiques commerciales frauduleuses doivent être effectivement sanctionnées, un coup de filet généralisé sans discernement ne ferait qu’attiser les tensions. La balle est désormais dans le camp des contrôleurs du Mincommerce et des opérateurs du marché Acacia pour renouer le dialogue et clarifier la situation, dans un esprit de responsabilité citoyenne partagée.
Auteur : Guy Florent Nova pour 237online.com
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