Faux numéros de portière, chauffeurs sans papiers, véhicules sans assurance ni visite technique. La Communauté urbaine de Yaoundé a lancé une vaste opération d’identification numérique obligatoire pour le taxi Yaoundé, avec l’ambition de rendre les véhicules jaunes plus sûrs. Un arrêté signé le 25 juin 2026 par le maire de la ville encadre désormais tout le secteur.
Un dossier complet exigé pour chaque taxi
À Yaoundé, le taxi jaune reste le principal mode de transport pour toutes les populations. Mais le secteur est gangrené par l’informel, les clandestins, les chauffeurs sans papiers et les véhicules sans assurance ni visite technique. Résultat, les usagers sont confrontés à des agressions, des escroqueries, et parfois des accidents non couverts.
Chaque propriétaire et chaque chauffeur doit désormais s’enregistrer avec un dossier complet, carte d’identité, carte grise, licence de transport, assurance de quatrième catégorie A, permis B, certificat de capacité modèle T et badge professionnel. Une fois le dossier validé, le chauffeur reçoit un QR Code personnel et le véhicule un numéro de portière unique, infalsifiable.
L’objectif est la traçabilité totale. Permettre aux forces de l’ordre d’identifier en quelques secondes un taxi ou son conducteur, lors d’un contrôle ou après une infraction. L’identification s’appuie sur une plateforme centrale, « Taxi-Yaoundé.com », développée avec l’appui technique de la Coopération allemande, la GIZ, dans le cadre du Projet de mobilité urbaine de Yaoundé.
Files d’attente et scepticisme sur le terrain
Aux guichets, on voit de longues files dès 6h du matin. Une étudiante à Ngoa-Ekellé résume l’ambiance, « au début, on ne peut que se dire que ça pose des risques, mais on nous explique que c’est pour nous protéger aussi ». Certains syndicats restent méfiants sur la confidentialité des données.
La ville promet une tolérance zéro affichée. Le système présente quand même quelques limites qui pourraient réduire son efficacité, notamment l’identification des chauffeurs. La plupart des taxis de Yaoundé comptent non pas un chauffeur, mais plusieurs. Des « mercenaires » souvent inconnus du propriétaire, recrutés en renfort par le chauffeur principal, vont continuer à exercer sans être enregistrés.
Cette situation a déjà, à quelques années près, conduit à l’échec d’une précédente opération d’identification des conducteurs au moyen de badges. Difficile de ne pas y voir un problème structurel qui dépasse la seule question technologique. Le respect de l’échéance, désormais fixée après le mois d’octobre 2026, sera l’indicateur à surveiller pour juger l’impact réel de cette initiative.
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Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
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