Suspension de l’ITIE: Akere Muna charge contre «la corruption systémique» des autorités camerounaises

Glencore

La nouvelle est tombée hier comme un couperet: le Cameroun est de nouveau suspendu du processus de l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives), un organisme qui promeut la bonne gouvernance dans la gestion des ressources naturelles. C’est la deuxième fois en trois ans que notre pays subit une telle sanction déshonorante de la part de cette structure internationale.

Une nouvelle accueillie avec consternation par Me Akere Muna. L’ancien candidat à la présidentielle de 2018, qui avait contribué à l’entrée du Cameroun à l’ITIE en 2007, s’est fendu d’un tweet cinglant pour dénoncer « l’opacité » et « la corruption systémique » des autorités dans la gestion de l’industrie extractive.

Un jugement sévère de l’avocat anti-corruption

« Je suis très attristé par cette suspension de notre pays de l’ITIE, la deuxième du genre en moins de trois ans » a déploré Akere Muna sur X. Avant de pointer du doigt le scandale Glencore/SNH qui a directement motivé cette sanction.

Pour mémoire, la multinationale suisse Glencore est accusée d’avoir obtenu des allègements fiscaux indus de la part de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), au détriment de l’Etat camerounais. Un énième scandale de corruption présumée révélé dans un rapport accablant de l’ITIE l’année dernière.

Face à ce fiasco, Me Muna n’y va pas de main morte. Il fustige « l’opacité dans la gestion de notre industrie extractive » qui n’est selon lui « que la résultante d’une corruption systémique ». Et appelle à ce que « les noms des fossoyeurs de notre pays » impliqués dans le scandale Glencore soient enfin dévoilés.

Un réquisitoire implacable de la part du célèbre avocat, qui a fait de la bonne gouvernance et de la transparence financière son combat de toujours au Cameroun.

Des leçons à tirer Cette suspension de l’ITIE est donc l’occasion pour les autorités camerounaises de tirer toutes les leçons de cet échec cuisant en matière de gestion des ressources naturelles.

Car au final, ce sont le Trésor public camerounais et les populations qui sont grandement lésées par ces pratiques douteuses d’exonérations fiscales massives, qui privent le pays de ressources financières cruciales pour son développement.

Par Pascal Messe venue pour 237online.com

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