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Séjour du président de la République : Affrontement entre la police suisse et la BAS à Genève

Les événements ont eu lieu devant l’hôtel Intercontinental de la capitale helvétique. A la clé des arrestations.

L’hôtel Intercontinental de Genève où loge le président Paul Biya a essuyé deux attaques ce 14 juillet 2021. Sur la scène, des personnes revendiquant la nationalité camerounaise, venues protester contre le séjour du président de la République et dénoncer «la persistance de la guerre» dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Une première avec des «réfugiés» de la crise dite anglophone. Dans les vidéos faites à l’occasion, ils disent être venus «capturer» le dirigeant camerounais. «Il nous a chassés du pays», «he is a killer», «il assassine des familles, il viole», «il nous chasse du pays, il vient encore nous chasser ici, alors que nous payons des impôts ici», «la Suisse est complice, vous êtes complices». Quelques négociations entamées par des responsables de l’hôtel et de la police. En vain. « Il faut qu’il descend ici (Ndlr)», « j’ai perdu des gens dans ma famille. Ma famille est chassée, elle est au Nigéria», oppose-t-on. «On n’est pas en Ambazonie ici», «on est venu pour que la police fasse une déposition parce que le génocidaire est ici», crient-ils. Plus tard, des femmes dénudées envahiront la cour de l’hôtel présidentiel, pour les mêmes récriminations.

Dans l’une des vidéos en circulation, on assiste à la neutralisation d’une jeune dame par un homme en uniforme de la police, qui crie de douleur. Un autre tente en vain de lui venir au secours et se contente de faire une vidéo de la scène, dribblant son vis-à-vis policier qui tient à faire respecter son droit à l’image. A la fin, on apprend que quelques-uns des assaillants de l’hôtel Intercontinental ont été embarqués par la police suisse.

La police en alerte

Ce sont les prémices de la manifestation que compte organiser la Bas devant l’hôtel intercontinental de Genève samedi prochain. Des activistes camerounais dont Calibri Calibro promettent d’y camper pour perturber le sommeil de l’Homme-lion qui séjourne dans la capitale suisse depuis dimanche dernier. Ils auront un soutien de quelques citoyens suisses fatigués de vivre avec un voisin dont dépend le destin d’un autre pays, appartenant à un autre continent. Parmi ces soutiens suisses, il y a Raymond Baud, enseignant. « Il ne faut pas oublier que notre pays est dépositaire des Conventions de Genève et a toujours été fier d’accueillir des réfugiés, mais attention: les VRAIS réfugiés: ceux qui ont du fric, qui séjournent dans des palaces, qui déposent l’argent volé à leur peuple », a-t-il lancé à l’intention de ses compatriotes qu’il invite à se mobiliser autour des Camerounais à la Place des Nations de Genève. Avant Raymond Baud, il y a eu Sylvain Thevoz, un député du canton suisse qui a lancé en 2019 une pétition en vue de déclarer Paul Biya persona non grata dans la capitale suisse. Après la manifestation du 26 juin de Camerounais sur le même lieu et qui a abouti à une répression violente des éléments de la sécurité du président camerounais. Avec parmi les victimes, le journaliste Adrian Krause de la télévision nationale suisse. Même si elle récolte des dizaines de milliers de signataires, la pétition de Sylvain Thevoz ne prospérera pas devant le Grand conseil, l’assemblée législative du canton de Genève.

La menace est réelle et la police helvétique la prend au sérieux. Dans un communiqué, la police cantonale de Genève annonce « des restrictions de circulation aux alentours de l’hôtel Intercontinental et de la place des Nations de 9h30 à 18h00 ». Plus précisément, « la route de Fermey sera temporairement fermée à la circulation entre la route des Morillons et le bas de la place des Nations». Autant que « le chemin du Petit-Saconnex sera fermé à la circulation entre l’avenue de-Budé et la route de Fermey». Alors « des déviations seront mises en place». Par exemple, « l’accès du petit-Saconnex ne se fera que par le haut de l’avenue de-Budé, qui sera fermée entre le numéro 13 et le chemin du petit-Saconnex. Tout véhicule qui désirera sortir de cette zone devra le faire par l’avenue De-Budé». Par ailleurs, « il est conseillé aux propriétaires des véhicules stationnés sur les cases privées situées entre l’arrière de l’Intercontinental et l’avenue de-Budé 3 de déplacer leurs véhicules durant toute la journée du samedi 17 juillet 2021», a prévu la police genevoise.

Lindovi Ndjio

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