Scandale Synafoc : 650 millions détournés, la colère des footballeurs camerounais explose

Bonga et njitap

C’est un véritable séisme qui secoue le monde du ballon rond au Cameroun en ce début 2024. Le Synafoc, syndicat national des footballeurs camerounais, se retrouve au cœur d’un scandale financier retentissant. Son sulfureux président Geremi Sorel Njitap est accusé de détournement de fonds sur les subsides en provenance de la Fifpro, la fédération internationale des associations de footballeurs professionnels.

Chaque année, le Synafoc reçoit environ 650 millions de FCFA de la part de la Fifpro pour défendre les intérêts de ses membres, les joueurs locaux. Mais à en croire les révélations accablantes de l’ancien Lion Indomptable Francis Bonga, il ne resterait plus grand chose une fois payés les salaires des 5 employés permanents du syndicat. « Où est passé le million de dollars envoyé par la Fifpro depuis 7 ans ? », s’emporte-t-il dans une lettre ouverte qui fait l’effet d’une bombe.

Un syndicat fantôme qui laisse les joueurs sur le carreau

Sur le terrain, le constat est amer pour les footballeurs camerounais. Pas l’ombre d’une action concrète menée par le Synafoc en leur faveur. Pis, certains joueurs blessés cette saison comme Mbem Djob, victime d’une fracture, n’ont reçu strictement aucune aide du syndicat pour leur prise en charge médicale.

« Geremi Sorel engraisse son compte en banque pendant que les joueurs crèvent la dalle », s’insurge un agent de joueur sous couvert d’anonymat. Au sein même de la Fifpro, on s’interroge sur l’utilisation opaque des fonds. Un audit interne aurait même été lancé pour examiner dans le détail les dépenses du Synafoc sur les 7 dernières années.

La fronde s’organise, un nouveau syndicat émerge dans l’ombre

Face à ce scandale retentissant, la fronde s’organise déjà en coulisses. Un autre syndicat de défense des footballeurs locaux serait sur le point de voir le jour sous la houlette de Lucien Mettomo. L’ancien Lion Indomptable, proche des joueurs, pourrait bien voler la vedette à un Synafoc fantasque qui a perdu toute crédibilité.

« Les joueurs méritent mieux qu’un syndicat fantôme qui sert à engraisser son président. Nous allons créer une véritable structure pour défendre leurs intérêts et leur pouvoir d’achat », promet Lucien Mettomo, déjà soutenu par plusieurs leaders d’opinion au sein de la Fecafoot.

La légitimité de Geremie Sorel vacille donc sérieusement. Sans transparence complète sur l’utilisation des 650 millions perçus de la Fifpro, l’heure des comptes a sonné pour le sulfureux président du Synafoc. Son silence assourdissant depuis le début du scandale en dit long sur sa potentielle culpabilité.

D’autant que la Fifpro elle-même commencerait à douter. Un audit approfondi est en cours en interne pour comprendre pourquoi le syndicat camerounais brille par son inaction totale sur le terrain depuis 7 ans malgré les moyens alloués. Une incongruité qui fait tâche.

Vers la fin du règne de Geremi Sorel à la tête du Synafoc ?

Difficile dans ces conditions d’imaginer Sorel Njitap garder encore longtemps la mainmise sur le syndicat des footballeurs camerounais et les fameux 650 millions de la Fifpro. S’il veut sauver les meubles et éviter la prison, le sulfureux président du Synafoc va devoir impérativement faire amende honorable.

Plus de transparence, des actions concrètes sur le terrain et l’organisation rapide d’élections pourraient lui épargner une humiliation publique et judiciaire. Mais la défiance semble trop grande désormais : en interne, chez les joueurs comme au sein de la Fifpro, l’heure est venue du grand ménage.

Geremi Sorel a beau être un fin limier rompu à l’exercice du pouvoir, son règne controversé à la tête du syndicat tire bel et bien à sa fin. D’autant que son challenger Lucien Mettomo affûte déjà ses crampons pour prendre la relève à la tête d’une structure qui se veut enfin exemplaire. Affaire à suivre dans les prochaines semaines au sommet du football camerounais…

Auteur : Joël Mimb pour 237online.com

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