Santé: Le Cameroun a besoin de sang

Transfusion

Sur les 400 000 poches de sang dont a besoin le pays chaque année pour sauver des vies, seulement 20 000 sont disponibles.
La transfusion sanguine (TS) est un procédé qui consiste à injecter dans une veine d’un malade, du sang ou d’un produit dérivé, préalablement prélevé sur un ou plusieurs donneurs ou sur le malade lui-même et examiné par la suite. Au Cameroun, l’absence ou l’insuffisance du sang de qualité à transfuser aux malades est à l’origine de nombreux décès. De l’avis des médecins, les produits sanguins contribuent à sauver des millions de vies chaque année. Ils permettent également d’améliorer l’espérance et la qualité de vie des patients atteints d’affections engageant le pronostic vital et à appuyer des interventions médicales et chirurgicales complexes. Actuellement, selon le Programme national de transfusion sanguine (Pnts), le besoin annuel de sang au Cameroun est estimé à 400 000. Or, en 2015, le Cameroun n’avait qu’environ 73 000 poches de sang disponibles, issues à plus de 90% de dons des donneurs de remplacement (les membres de la famille d’un malade qui a besoin d’être transfusé. Ndlr) et seulement 1% issu des donneurs bénévoles et réguliers. 237online.com De janvier à mai 2016, le Cameroun en est, apprend-on, à seulement 20 000 poches de sang disponibles. Un chiffre largement inférieur à la moyenne. Pour remonter la pente, le gouvernement camerounais a créé en 2013, le Programme national de transfusion sanguine. Elle prélude à la célébration de la journée mondiale du don de sang, cette institution a organisé le 7 juin dernier, une session de formation des journalistes sur la problématique de la transfusion sanguine au Cameroun. L’objectif de cette rencontre étant d’« amener les journalistes à s’approprier la question de la transfusion sanguine pour mieux informer le public sur le sujet ». « D’après une étude réalisée par l’Institut national de la statistique en 2011, en matière de mortalité maternelle, le ratio est de 782 décès pour 100 000 naissances vivantes avec près de 45,5% des décès maternels directement liés aux hémorragies. En ce qui concerne la lutte contre le paludisme, au Cameroun, trois enfants âgés entre 6 et 59 mois sur cinq, sont atteints d’anémie, dont 27% sous forme légère, 31% sous forme modérée et 2% sous une forme sévère. La prévalence de l’anémie diminue avec l’âge de l’enfant. Elle passe de 78% chez les enfants de 6 à 8 mois à 67% chez ceux âgés entre 18 et 23 mois et à 49% chez les 48-59 mois. Mais ce sont les enfants âgés entre 9 et 11 mois qui sont les plus affectés par l’anémie sévère », informe le Dr Appolonie Noah Owona, le Secrétaire permanant du Pnts.

« Le Cameroun n’a pas de banque de sang »
D’après le corps médical, le sang est en réalité considéré comme « un médicament à part entière ». Un médicament certes naturel, mais dont on se refuse de partager avec celui qui est en manque ; sauf si, bien-sûr, celui-ci est une parenté. 237online.com « Le Cameroun n’a pas de banque de sang. La mission qui est la nôtre est énorme et nous comptons sur vous, hommes de médias pour la mener à bien. La vision globale du Gouvernement est de doter le pays d’un système de sécurité transfusionnelle. Nous avons décidé d’organiser le système de transfusion sanguine autour d’un opérateur unique qui sont les hôpitaux régionaux. Cependant, il y a déficit d’information au sein de la population. Très peu reconnais sent l’utilité qu’il y a à faire don de son sang. Ceux qui ont une idée de la chose ignorent que nombreux sont les poches de sang des donneurs qui sont mis à la poubelle parce que, infectée soit par le VIH, soit par l’hépatite B, l’hépatite C ou la syphilis », explique Stéphane Assako, administrateur principal de la santé publique en service au Pnts. En perspective, ce programme compte accélérer la mise en place d’un système de transfusion sanguine respectant les standards en la matière, mobiliser toutes les parties prenantes autour de la cause du don de sang (institutionnels, société civile, médias, PTF etc), renforcer les capacités de toutes les parties prenantes susceptibles de faire basculer la tendance… Au terme de cette formation, plusieurs recommandations ont été adressées au Pnts. Ils sont entre autres : la mise en place des unités mobiles de collecte de sang, le renforcement de la communication sur la transfusion sanguine…

Bravo Tchundju

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