𝐋𝐞 𝐬𝐚𝐦𝐞𝐝𝐢 𝟏𝟖 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟏𝟗𝟖𝟑, soit tout juste quarante-huit heures avant l’arrivée de 𝐅𝐫𝐚𝐧ç𝐨𝐢𝐬 𝐌𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐧𝐝 au Cameroun, l’ancien président de la République, 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨, convoque 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐫é𝐠𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐍𝐨𝐫𝐝.
Au cours de cette réunion, il leur demande de démissionner en bloc du gouvernement.
Son objectif est de rééditer le coup politique qu’il avait porté, le 𝟏𝟏 𝐟é𝐯𝐫𝐢𝐞𝐫 𝟏𝟗𝟓𝟖, au gouvernement d’𝐀𝐧𝐝𝐫é-𝐌𝐚𝐫𝐢𝐞 𝐌𝐛𝐢𝐝𝐚.
À l’époque, 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 avait provoqué la chute du gouvernement en démissionnant de son poste de vice-Premier ministre, accompagné de tous les ministres originaires du Nord.
Cette démission collective avait contraint 𝐌𝐛𝐢𝐝𝐚 à quitter le pouvoir.
En 𝟏𝟗𝟖𝟑, 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 fait un calcul similaire : si le successeur qu’il a lui-même désigné se retrouve privé de gouvernement au moment où le président français visite le Cameroun, cela pourrait donner l’image d’un chef d’État incapable de gouverner.
Ahidjo espère alors être rappelé au pouvoir.
Mais comment les deux hommes en sont-ils arrivés là, alors que Ahidjo avait “ 𝑣𝑜𝑙𝑜𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 “ renoncé à la présidence et choisi lui-même son successeur ?
➖ 𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭
𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 n’avait jamais véritablement connu la vie en dehors du pouvoir.
Il y était entré très jeune, à l’âge de vingt-deux ans, lorsqu’il avait été nommé, en 1946, à l’Assemblée représentative du Cameroun (𝐀𝐑𝐂𝐀𝐌).
De 𝟏𝟗𝟒𝟔 à 𝟏𝟗𝟖𝟐, il avait ainsi passé trente-six années à décider du sort des Camerounais, directement ou indirectement.
Un homme ayant connu une aussi longue immersion dans l’exercice du pouvoir pouvait difficilement se résoudre à demeurer en retrait une fois la présidence abandonnée.
C’est ce qui explique en partie son attitude après son départ d’Etoudi. En apparence retiré de la vie politique, 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 entend continuer à peser sur les affaires du pays et, surtout, à conserver son influence sur celui qu’il avait désigné pour lui succéder.
Le 𝟏𝟎 𝐣𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫 𝟏𝟗𝟖𝟑, il convoque le bureau politique de l’𝐔𝐍𝐂 et en préside la réunion. Les Camerounais apprécient peu cette démonstration de pouvoir. Mais 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 ne s’en préoccupe guère.
Il fait ensuite modifier l’article 59 des statuts du parti.
Derrière cette querelle manœuvre se joue en réalité une question beaucoup plus importante : celle de 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐚𝐮𝐭é 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢 𝐬𝐮𝐫 𝐥’É𝐭𝐚𝐭 .
En clair, il entend utiliser l’𝐔𝐍𝐂 comme instrument pour reprendre progressivement le contrôle du pouvoir.
Mais son « 𝐬𝐮𝐜𝐜𝐞𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 » n’est pas dupe.
𝐴ℎ𝑖𝑑𝑗𝑜 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑃𝑜𝑢𝑡𝑖𝑛𝑒, 𝐵𝑖𝑦𝑎 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑀𝑒𝑑𝑣𝑒𝑑𝑒𝑣.
𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚 réagit en remaniant brusquement le gouvernement.
➖𝐋𝐚 𝐫𝐮𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞
Le 𝟏𝟑 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟏𝟗𝟖𝟑 au palais d’Etoudi, 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚 s’entretient longuement avec son Premier ministre, 𝐁𝐞𝐥𝐥𝐨 𝐁𝐨𝐮𝐛𝐚 𝐌𝐚ï𝐠𝐚𝐫𝐢. L’échange semble cordial et rien ne laisse alors deviner la crise qui se prépare.
Pourtant, deux heures plus tard, 𝐁𝐞𝐥𝐥𝐨 𝐁𝐨𝐮𝐛𝐚 apprend par la radio nationale qu’un nouveau gouvernement vient d’être formé. Le remaniement, décidé sans qu’il en ait été informé, intervient à peine trois mois après le précédent.
Surtout, plusieurs personnalités majeures de l’ancien régime d’Ahidjo sont écartées : 𝐒𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐃𝐚𝐨𝐮𝐝𝐨𝐮, ancien ministre des Forces armées, perd son poste de secrétaire général de la Présidence ; 𝐒𝐚𝐦𝐮𝐞𝐥 𝐄𝐛𝐨𝐮𝐚, longtemps proche d’Ahidjo, quitte le ministère de l’Agriculture ; 𝐀𝐲𝐢𝐬𝐬𝐢 𝐌𝐯𝐨𝐝𝐨, figure centrale de l’Administration territoriale, est également remercié. 𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐚𝐮𝐦𝐞 𝐁𝐰𝐞𝐥𝐞 et 𝐀𝐭𝐡𝐚𝐧𝐚𝐬𝐞 𝐄𝐭𝐞𝐦𝐞 𝐎𝐥𝐨𝐚 quittent respectivement l’Information et la Culture et la Santé.
La méthode choque particulièrement 𝐒𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐃𝐚𝐨𝐮𝐝𝐨𝐮, qui avait encore passé la matinée auprès du chef de l’État avant d’apprendre son éviction par les ondes, une fois rentré chez lui.
𝐁𝐞𝐥𝐥𝐨 𝐁𝐨𝐮𝐛𝐚 interprète, lui aussi, ce procédé comme un désaveu. Blessé par cette manière de procéder, il envisage de quitter le gouvernement, tandis que d’autres ministres songent à suivre son exemple.
Le remaniement marque ainsi un tournant. Jusqu’alors, 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚 et 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 continuaient de peser conjointement, quoique discrètement, sur les choix du gouvernement. Mais l’ancien président, désormais éloigné du pouvoir, n’entend pas accepter cette nouvelle donne.
Il convoque aussitôt, à sa 𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐋𝐚𝐜, à Yaoundé, les ministres originaires du Nord-Cameroun. À cette réunion assiste également Ibrahim 𝐌𝐛𝐨𝐦𝐛𝐨 𝐍𝐣𝐨𝐲𝐚, fils du sultan des Bamoun et proche d’Ahidjo.
➖ 𝐋𝐚 𝐫é𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧
L’ancien chef de l’État ne cache pas sa colère. Pour lui, la réponse doit être radicale : provoquer une crise institutionnelle en obtenant la 𝐝é𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐍𝐨𝐫𝐝.
Il pense qu’un tel geste pourrait suffire à faire vaciller le gouvernement de Paul Biya.
Cette fois, 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 ne réussit pas à imposer sa volonté.
Certains ministres, notamment ceux qui viennent d’être nommés, ne manquent pas de lui faire comprendre qu’ils n’entendent pas sacrifier leur nouvelle position.
𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦 𝐌𝐛𝐨𝐦𝐛𝐨 𝐍𝐣𝐨𝐲𝐚, pour sa part, attire l’attention d’𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 sur la portée juridique de la réunion qu’ils sont en train de tenir.
Il lui rappelle l’ordonnance 𝟔𝟐-𝟏𝟖-𝐎𝐅, signée à l’époque par 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 lui-même, dont l’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐥𝐞 𝟐 prévoit des sanctions contre ceux qui portent 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐢𝐧𝐭𝐞 𝐚𝐮 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐝û 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭é𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, incitent à la haine contre le gouvernement ou participent à une 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 dirigée contre les autorités et les lois de la République.
Lorsque 𝐌𝐛𝐨𝐦𝐛𝐨 𝐍𝐣𝐨𝐲𝐚 lui rappelle cette ordonnance, 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 sursaute.
𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑟𝑒𝑚𝑖è𝑟𝑒 𝑓𝑜𝑖𝑠 𝑑𝑒𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠, 𝑖𝑙 𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 𝑑é𝑐𝑜𝑢𝑣𝑟𝑖𝑟 𝑞𝑢’𝑢𝑛𝑒 𝑙𝑜𝑖 𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑢𝑖-𝑚ê𝑚𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢é à 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑟𝑎𝑖𝑡 é𝑔𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠’𝑎𝑝𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒𝑟 à 𝑙𝑢𝑖.
On raconte qu’il allume alors une cigarette et laisse son regard se perdre dans le vide.
Seul 𝐌𝐚ï𝐤𝐚𝐧𝐨 𝐀𝐛𝐝𝐨𝐮𝐥𝐚𝐲𝐞, le nouveau ministre de la Défense, adhère véritablement à la stratégie proposée.
𝐁𝐞𝐥𝐥𝐨 𝐁𝐨𝐮𝐛𝐚, quant à lui, est tenté par la démission, mais pour une raison plus personnelle : la manière brutale dont il vient d’être désavoué par le président.
Finalement, le projet échoue. 𝐋𝐚 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐫𝐢𝐭é 𝐧𝐨𝐫𝐝𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐬𝐞 𝐟𝐢𝐬𝐬𝐮𝐫𝐞 et la tentative de déstabilisation du gouvernement ne produit pas l’effet escompté.
L’histoire retiendra cet épisode sous le nom de « 𝐑é𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐋𝐚𝐜 », une rencontre au cours de laquelle une fronde ministérielle manqua de faire vaciller le pouvoir naissant de 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚.
➖ 𝐋𝐚 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧ç𝐨𝐢𝐬 𝐌𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐧𝐝
Le 𝐥𝐮𝐧𝐝𝐢 𝟐𝟎 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟏𝟗𝟖𝟑, 𝐅𝐫𝐚𝐧ç𝐨𝐢𝐬 𝐌𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐧𝐝 arrive à Yaoundé, via Douala, pour une visite de vingt-quatre heures. Un an plus tôt, le président français avait décliné l’invitation d’𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨. Cette fois, il répond favorablement à celle de 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚.
Cette visite revêt une portée politique majeure. Elle contribue à conforter le nouveau chef de l’État dans ses fonctions et à dissiper les incertitudes entourant sa succession.
Après avoir été désigné par 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 avec l’appui de la France, 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐢𝐲𝐚 semble désormais bénéficier d’une confirmation officielle de son pouvoir par le président français.
➖ 𝐋𝐞 𝐝é𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐞𝐱𝐢𝐥 .
La visite de 𝐅𝐫𝐚𝐧ç𝐨𝐢𝐬 𝐌𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐧𝐝 au Cameroun, en 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟏𝟗𝟖𝟑, constitue un véritable coup de grâce politique pour 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨.
Elle signifie que 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 ne peut plus compter sur le soutien de Paris pour revenir aux affaires.
Le 27 août 1983, après la découverte d’un “𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐨𝐭” , 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 démissionne de la présidence de l’UNC.
Quelques jours plus tard, il quitte définitivement le Cameroun. Il embarque à l’aéroport de Douala avec plus de 𝒅𝒊𝒙 𝒕𝒐𝒏𝒏𝒆𝒔 𝒅’𝒆𝒇𝒇𝒆𝒕𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆𝒍𝒔. C’est, à tous points de vue, un déménagement en bonne et due forme.
Le vol régulier de la 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐢𝐫 effectue un détour par Nice, où descend l’ancien président. Le vol UY 71 de la 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐢𝐫 accuse alors un retard de plus de trois heures.
Les personnes qui attendent les passagers ignorent la raison de ce retard. Puis, vers 19 heures, elles aperçoivent enfin la silhouette familière du « 𝐂𝐨𝐦𝐛𝐢 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 », l’avion de la Camair. Comme à l’accoutumée, son arrivée suscite un sentiment de fierté.
Les passagers qui descendent de l’appareil révèlent alors la raison du retard :𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 vient d’être débarqué à 𝐍𝐢𝐜𝐞.
Le vol avait d’abord été retardé au départ de 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚. Il avait fallu attendre un autre appareil de la 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐢𝐫 en provenance de 𝐆𝐚𝐫𝐨𝐮𝐚, à bord duquel se trouvaient Ahmadou Ahidjo et sa famille.
Puis, une fois l’ancien président à bord du Combi, l’escale de 𝐍𝐢𝐜𝐞 avait duré plus d’une heure.
Les passagers en provenance du Cameroun racontent avec émotion le départ d’𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨. À Douala, une foule bigarrée s’était massée dans le hall de l’aérogare dans l’espoir d’apercevoir une dernière fois celui qui s’était fait appeler le « 𝐩è𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ».
𝑳𝒆𝒔 𝑪𝒂𝒎𝒆𝒓𝒐𝒖𝒏𝒂𝒊𝒔 𝒏’é𝒕𝒂𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒑𝒂𝒔 𝒅𝒖𝒑𝒆𝒔. 𝑰𝒍𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒓𝒆𝒏𝒂𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒒𝒖𝒆 𝒄𝒆 𝒅é𝒑𝒂𝒓𝒕 é𝒕𝒂𝒊𝒕 𝒅é𝒇𝒊𝒏𝒊𝒕𝒊𝒇.
Le 𝟑𝟎 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟏𝟗𝟖𝟗, 𝐀𝐡𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨 meurt en exil à Dakar, au Sénégal. Il est inhumé au cimetière de 𝐘𝐨𝐟𝐟.
𝐂𝐥𝐮𝐛 𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥- 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐄𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐟 𝐁𝐚𝐬𝐭𝐨𝐬
centre-educatif.org
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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