Société

Restriction du Hadj 2020: L’indignation de la communauté musulmane

Réservé aux seuls résidents de l’Arabie Saoudite, la nouvelle y relative a été accueillie de façon mitigée par les fidèles de l’islam.

« Le ministre de l’Administration territoriale, président de la Commission nationale du Hadj, porte à la connaissance de la Communauté musulmane qu’en raison de la persistance de la pandémie Covid-19 un peu partout dans le monde, le Royaume d’Arabie Saoudite a décidé de restreindre la participation des pèlerins au Hadj 2020 aux seules personnes résidant en Arabie Saoudite », peut-on lire dans un communiqué rendu public par Paul Atanga Nji le 14 juillet dernier. Ledit communiqué précise qu’en conséquence, « les fidèles camerounais ne pourront pas effectuer cette année comme par le passé le pèlerinage aux lieux saints de l’islam ».

Au sein de la Communauté musulmane du Cameroun, les appréciations sont très mitigées. « La nouvelle a été accueillie de façon mitigée. C’est-à-dire qu’il y a des gens qui sont choqués par la mesure parce qu’ils avaient déjà l’habitude d’y aller et certains ont eu de l’espoir et ce n’est peut-être que cette année qu’ils ont eu des propositions pour y aller. Ceux qui étaient déjà programmés sont très déçus », révèle l’Imam de la mosquée de Mvog-Mbi à Yaoundé, Abdoul Aziz Manga.

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Cependant, il estime que les enseignements du coran sont clairs en ce sens qu’on ne va pas dans une ville où il y a une épidémie. « Un exemple nous vient du 3e Ali Oumar qui, alors qu’il se rendait dans une ville, il y a trouvé une épidémie et a rebroussé chemin. Donc faire le déplacement n’est pas tellement nécessaire parce que l’Islam dit que les actes ne valent que par leurs intentions. Donc même si vous n’avez pas physiquement accomplis le Hadj, vous avez la récompense si vraiment le Hadj vous était destiné par Dieu », précise-t-il. A sa suite, l’Imam Bomo, de la mosquée de Douala, pense que depuis la prise des mesures barrières contre la pandémie à coronavirus, il était très difficile que les gens voyagent pour accomplir ce rite. « Donc ça ne nous surprend pas parce que la santé est prioritaire et c’est l’un des objectifs de l’Islam c’est-à-dire de préserver la santé et la vie au-delà de toute autre considération », souligne-t-il.

Prochaine édition

Et de poursuivre « l’islam a néanmoins prévu des moyens palliatifs pour acheminer son rituel en étant à la maison. Chaque matin après la prière de l’aube, le croyant doit rester assis et invoquer le seigneur jusqu’au lever du soleil et après ça, comme l’a dit le prophète, celui qui le fait reçoit autant de récompense du pèlerinage que celui qui est allé à la Mecque ». Selon lui, en attendant donc, que les choses reviennent à la normale pour accomplir le 5e pilier de l’Islam, que ceux qui ont les moyens d’aller le faire, « multiplient davantage leur argent et que ceux qui ne l’ont pas, en profitent pour cotiser et prier pour que la crise sanitaire finisse afin qu’ils puissent eux aussi avoir l’opportunité d’aller en Arabie Saoudite la prochaine fois ».

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Toutefois, l’un des problèmes qui se pose actuellement est celui de la gestion des cas des personnes qui étaient déjà prédisposées à voyager pour l’Arabie Saoudite. « Le problème qui se pose actuellement est de savoir si ceux qui étaient déjà enrôlés seront reconduits lors de la prochaine édition », souligne Abdoul Aziz Manga. En Indonésie, le ministère des Affaires religieuses a pour sa part, demandé une dérogation pour les pèlerins indonésiens, afin de leur permettre d’entrer en Arabie Saoudite.

Rostand TCHAMI

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