Politique

Rencontre pouvoir-séparatistes: Le gouvernement nie l’évidence en bloc

La rencontre impromptue entre le régime et les sécessionnistes Ambazoniens, à l’indicatif ou au conditionnel, n’a pas eu lieu.

Ainsi v ient de trancher René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Y- a-t-il eu rencontre au sommet entre le pouvoir et les sécessionnistes dans la nuit du 2 juillet dernier ? Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement affirme le contraire. « Le gouvernement de la République porte à la connaissance de l’opinion que l’information diffusée dans les réseaux sociaux sur la tenue le 2 juillet 2020, de négociations entre une délégation gouvernementale et des sécessionnistes en instance de jugement n’est pas conforme à la réalité », lit-on sur le communiqué signé hier. René Emmanuel Sadi va plus loin dans sa sortie en précisant que le gouvernement a lancé de nouveau un appel aux groupes armés pour qu’ils cessent les atrocités contre les populations civiles ainsi que la destruction des infrastructures et répondent favorablement à l’offre de paix du chef de l’Etat.

Pour autant, l’affirmation du ministre est-elle au-dessus de tout soupçon ? Est-il vrai que le pouvoir de Yaoundé n’a pas rencontré Ayuk Tabe et les siens à Yaoundé dans la nuit du 2 juillet dernier ? Et si tel avait été le cas, pour quel intérêt le pouvoir tiendrait-il à le garder secret ?
Une chose est sûre, du côté des Ambazoniens, la communication sur les différentes phases de préparation de cette rencontre sont allée crescendo. Dans le Noso, même celui qui ne s’intéresse pas aux affaires politiques sait qu’Ayuk Tabe a rencontré le pouvoir et a posé sur la table les conditionnalités pour l’amorce des négociations sincères ou de bonne foi entre Yaoundé et les séparatistes.

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Pourquoi les sécessionnistes mentiraient-ils au point d’avouer comme le rapporte un certain Penn Terrence qui faisait partie de la délégation ambazonnienne, qu’Ayuk Tabe a insisté devant ses interlocuteurs que les prisonniers ne négocient pas, car ils le feraient en situation de faiblesse. Que faut-il comprendre ?

La honte d’un rétropédalage ?

Pourquoi le Mincom s’obstinerait-il à dire que le pouvoir n’a jamais rencontré les séparatistes? Pourquoi? Or si d’avis le gouvernement aurait rencontré les séparatistes cela sonnerait comme un échec précisément du Grand dialogue national. C’est là une porte ouverte à l’affirmation de la vérité selon laquelle le pouvoir aurait invité tout le monde sauf les vrais interlocuteurs avec qui il aurait dû débattre des tenants et des aboutissants de cette crise.

Il n’est donc pas question, au risque de perdre la face, de soutenir qu’une telle rencontre ait eu lieu. Le deuxième aspect de la remise en doute de l’affirmation du Mincom est que cette rencontre ne dépendait pas du gouvernement mais obéissait à un programme imposé aux deux parties.
Pour mémoire, on se souvient que les Nations Unies d’abord à travers son Secrétaire général, en date du 23 mars 2020 et ensuite la Résolution du Consul de sécurité du 1er juillet 2020, « appelaient les parties prenantes à des conflits armés à débuter immédiatement une pause humanitaire durable pendant au moins 90 jours consécutifs ».

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Alors questionnements. Les séparatistes auraient-ils très vite vendu la mèche livrant le pouvoir à une profonde incertitude ou désaveu face à la cohérence de ses engagements ? Qu’importe. Quoiqu’on dise, des bruits concordants établissent qu’à cette rencontre, il y avait outre le gouvernement, les ambassades des États-Unis, de la France, de l’Allemagne comme facilitateurs et un représentant de l’Onu jouant le même rôle. Nier la tenue de cette rencontre comme l’a fait gouvernement hier, reviendrait tout simplement à poser un acte et de refuser d’en assumer les conséquences. De toute évidence, les Camerounais dans leur grande majorité ne rêvent que d’une paix durable dans les deux régions.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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