Société

Pont de la gare de Yaoundé : Le temple des décoctions traditionnelles

Coronavirus, prostate, paludisme, typhoïde, chlamydia, chaude pisse, sont entre autres, les maladies et infections sexuellement transmissibles qui peuvent être traitées à l’aide des breuvages qui sont faits à base des écorces et plantes médicinales vendues à l’entrée de ce lieu très fréquenté de la capitale.

C’est sur un espace de plus de trente mètres sur le trottoir, au lieu-dit entrée pont de la gare dans la ville de Yaoundé, que des marchands exposent des écorces et des plantes médicinales sur des comptoirs recouverts de parasoleil sous des manguiers. Maman Pulchérie, comme on l’appelle dans ce secteur qui grouille de monde,fait partie de la dizaine des personnes qui vendent ces remèdes traditionnels. « Je vends plusieurs décoctions tels le Barro communément appelé milles maladies pour soigner le paludisme, les vers et les levures intestinales. Le traitement à base de ce caillou mate est consommé par voie buccale. Dans une bouteille d’un litre et demi d’eau chaude, on y introduit un morceau de Barro pour un traitement d’une semaine», explique-t-elle.La dame expose sur son comptoir plusieurs autres écorces qui soignent plusieurs autres maux tels que la typhoïde et le manque de sang.

Comme elle, Nyeck Jean Robert, naturopathe, vend aussi des remèdes pour traiter plusieurs maladies à l’instar du coronavirus, la prostate, la typhoïde, le paludisme, la chaude pisse et le chlamydia. « Je soigne bien les infections sexuellement transmissible comme le chlamydia. C’est un microbe très rebelle qui nécessite pour son traitement une bonne dose d’écorces d’antibiotique», explique-t-il. Les personnes atteintes de coronavirus trouvent aussi leur guérison à base de la composition des écorces telles l’ikouk, l’écorce jaune, l’artémisia et le quinquéliba que l’on fait bouillir ou qu’on aspire sous un drap. C’est un traitement qui dure trois semaines à un mois au maximum. « Je vends aussi des huiles de palmiste noir pour oindre les nourrissons cela aide à guérir les fesses rouges des bébés et à embellir leurs peaux », ajoute-t-il. Concernant le circuit d’approvisionnement, les plantes et écorces proviennent de certains villages du Cameroun tels qu’Akonolinga, Makak et certains villages de la région du Centre. Et l’activité nourrit bien son homme.« Je m’en sors dans cette activité ; je vends en moyenne 10000 F cfa 30000 F cfa ou 50000 F fca par jour parce que j’ai même des clients qui viennent du Nord et de l’Ouest pour chercher la guérison ici».

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Maladies vénériennes

Plusieurs patients retrouvent la guérison à l’aide du traitement qui leur est conseillé dans cet espace marchand. C’est le cas de Monsieur Simo Pierre âgé de 62 ans atteint d’une prostate depuis plus de deux mois. « Je suis allé à l’hôpital les médecins m’ont dit qu’ils devaient me mettre une sonde afin de dégager ma voie urinaire et le traitement s’élevait à 150000F cfa ; faute de moyen je me suis retourné vers ce naturopathe qui m’a demandé juste 75000F cfa pour me composer des médicaments à boire et pour la purge. Aujourd’hui je suis guéri».En dehors des écorces et des plantes médicinales on y retrouve dans cet espace des huiles essentielles extraites de ces écorces qui permettent aussi de cicatriser les plaies après les brulures. C’est le cas de l’huile de baobab excellent cicatrisant.

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D’autres huiles sont vendues par maman Perpétue pour soigner les maux de ventre, les hémorroïdes, et les vers. A l’instar du cash oïl, on peut traiter en une semaine ces maladies vénériennes. Les objets de protection contre les esprits mauvais et les décorations vestimentaires figurent en bonne place de ces installations. Il s’agit des carapaces de tortues et de colis qui servent à se protéger de certains esprits mauvais et à embellir les vêtements et les coiffures.Ces commerçants ont également pensé à l’entretien des cheveux crépus et des cheveux défrisés des hommes et des femmes. Des huiles essentielles à base de cacao, de beurre de karité, et d’avocat sont composées et vendues pour nourrir traiter et faire pousser les cheveux. Toutes choses qui portent à croire qu’au pont de la gare, on n’y trouve pas seulement la construction faite en béton et de fer, mais on peut également y trouver la guérison.

Valérie GUIADEM

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